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Les médicaments sont trop chers en France


L'Autorité de la concurrence avait décidé en février 2013 d'ouvrir une enquête sectorielle dans le domaine de la distribution du médicament délivré en ville (les pharmacies de quartier) afin d'en examiner le fonctionnement concurrentiel et d' identifier d'éventuels obstacles à celui-ci. Elle vient de publier une première évaluation dans laquelle elle identifie plusieurs points de blocage potentiels. Elle relève en premier lieu un certain nombre d’entraves au développement des génériques (le dénigrement récemment été sanctionné dans la décision  Plavix,  la communication d'informations erronées aux offices de brevet visant à empêcher l'entrée des génériques dans l'affaire AstraZeneca,  le « pay-for-delay » qui consiste à retarder l'entrée du générique sur le marché contre rémunération par le laboratoire princeps).  Elle met également en lumière des risques d'ententes non négligeables au travers de la négociation des prix avec le Comité économique des produits de santé (certains laboratoires princeps pourraient se concerter avant leur passage devant le CEPS pour présenter des coûts artificiellement gonflés ou se répartir les marchés pour certaines spécialités), de l'abstention de demande d'autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les génériques. La vente directe des médicaments non remboursables aux officines pourrait aussi permettre de maintenir des marges plus élevées pour les labos, certains d'entre eux allant jusqu'à opposer des refus de vente aux grossistes et intermédiaires, les laboratoires s'assurant ainsi que les plus petites officines continuent à payer un prix élevé sur ces médicaments.  L’autorité de la concurrence a constaté que les prix des médicaments non remboursables sont extrêmement disparates et qu'ils peuvent varier de 1 à 4 d'une officine à l'autre, sans que le consommateur en soit véritablement informé puisque la publicité sur les prix de ces médicaments est très limitée, notamment à cause des règles de déontologie. L'ouverture partielle du monopole officinal permettrait aux consommateurs de bénéficier de prix plus attractifs pour leurs achats de médicaments d'automédication et de « produits frontières ». Cette ouverture devrait s'accompagner d'un assouplissement des règles déontologiques des pharmaciens, pour ce qui concerne la liberté commerciale, afin de favoriser la concurrence par les prix. Certaines entreprises de la grande distribution ont fait connaître leur intérêt pour distribuer certains médicaments dans leurs établissements, dans des espaces dédiés et gérés par des pharmaciens. Globalement, la diminution moyenne des prix pourrait atteindre 25% en grande surface


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