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Pourquoi y a-t-il autant de formes de médicaments ?

Pourquoi y a-t-il autant de formes de médicaments ?


Les formes de médicaments sont nombreuses car il existe différentes voies d’administration des médicaments : la voie orale (par la bouche) est la plus utilisée (80 % des médicaments), les voies parentérale (par piqûre – injection), rectale, vaginale, transcutanée, inhalée, et ophtalmique viennent ensuite.
Le principe actif, c’est-à-dire la molécule active (paracétamol, insuline…) ne pouvant être administré seul, on lui ajoute des excipients (lactose, cellulose, eau, huile…) qui n’ont pas d’activité thérapeutique mais qui permettent sa mise en forme particulière selon sa voie d’administration.

 

Qu’est-ce que la galénique ?


La pharmacie galénique est une discipline pharmaceutique qui permet de transformer une molécule active en un médicament administrable au patient.
Le terme galénique vient de Galien, médecin de l’empereur Marc-Aurèle, au IIe siècle de notre ère. Il laissa un grand nombre de manuscrits contenant les formulations des remèdes qu’il prescrivait. À la fin de leurs études, les médecins prêtent le serment d’Hippocrate et les pharmaciens prêtent le serment de Galien.

 

Quelle est l’importance de la galénique dans un médicament ?


Le but de la galénique est d’assurer la stabilité du principe actif, faciliter son administration, optimiser son efficacité thérapeutique, améliorer sa conservation, diminuer sa toxicité, favoriser le suivi correct du traitement (observance).
Les formes orales (ou per os = par la bouche, en latin) dominent le marché pharmaceutique : en tête, les comprimés et les gélules, mais aussi les capsules, les granulés, les sirops, les poudres, les gouttes…
Les cachets, les pilules, et les potions ont disparu. Le nom (erroné) de « pilule contraceptive » s’applique en réalité à un comprimé.
Les formes parentérales (para « enteron » — du grec cette fois-ci — signifie ne passant pas par le tube digestif) sont indispensables quand le principe actif est détruit par le tube digestif. Ce sont les préparations injectables, les préparations pour perfusions, les vaccins et depuis peu les implants : par exemple les implants contraceptifs.
Les formes inhalées (respirées) sont les nébuliseurs, les inhalateurs de plus en plus sophistiqués qui ont remplacé les vieilles fumigations…
Les formes vaginales sont les ovules, les capsules et récemment les anneaux contraceptifs.
Les formes rectales sont les suppositoires, les capsules et les lavements.
Les formes ophtalmiques sont les collyres, les pommades, les gels…
La voie transcutanée comporte les pommades, les gels, les émulsions, les crèmes, et, de plus en plus utilisé, le dispositif transdermique appelé « patch » en anglais ou timbre en français : par exemple le patch à la nicotine utilisé dans le sevrage tabagique.

 

La galénique n’est-elle pas un effet marketing ?


Non. Les progrès galéniques accomplis sont considérables sur le plan thérapeutique. Grâce à eux :
1) on contrôle la libération du principe actif avec les formes à libération prolongée (LP), ce qui signifie par exemple pour le malade un comprimé par jour au lieu de trois ;
2) la régularité du traitement et la réponse thérapeutique ont été améliorées, par exemple avec les patchs et les implants ;
3) le confort du malade est pris en compte : par exemple les comprimés orodispersibles pour les personnes ayant des problèmes de déglutition ; les stylos à insuline quasi indolores ; les patchs informatisés antalgiques pour gérer soi-même sa douleur ;
4) bientôt des molécules actives seront véhiculées sous forme de liposomes ou de nanosphères directement et quasi exclusivement jusque dans les cellules malades.

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