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Dépistage du cancer du colon

Dépistage du cancer du colon


Mars est le mois du dépistage national du cancer colo-rectal, une campagne qui s’adresse à toutes les personnes entre 50 et 74 ans. Pourquoi ? Quels sont les enjeux ? Comment ne pas confondre dépistage et prévention, dépistage et diagnostic du cancer ?

 

Informations sur le dépistage du cancer colon

 

Le dépistage consiste à détecter un cancer à son stade le plus précoce possible. Dans le cas du cancer colo-rectal, c’est aussi la détection de la tumeur pré-cancéreuse que représente un polype colique en voie de transformation maligne. Les polypes bénins (adénomes) du côlon ne sont pas cancéreux mais à potentiel cancéreux dans 60 à 85% des cas. On préfère donc les retirer chaque fois qu’on en trouve.

 

Mis en oeuvre depuis 2009 sur l’ensemble du territoire, le dépistage organisé du cancer colorectal s’adresse à tous les hommes et femmes âgés de 50 à 74 ans, tous les deux ans. Il est donc généralisé et systématique, contrairement au dépistage individuel pratiqué par les médecins dans leur patientèle. Près de 17 millions de personnes sont concernées par ce programme placé sous la responsabilité du Ministère chargé de la Santé et piloté par la Direction générale de la Santé (DGS).


Il correspond à la mesure 14 du Plan Cancer du gouvernement (2009-2013), d’autant plus cruciale que le taux de participation est spontanément bas : le cancer, c’est loin ! Mieux vaut ne pas y penser… Seulement 5 millions de personnes (sur 17 millions d’invitations) ont fait le test de dépistage en 2009-2010, soit 34%. Or le taux souhaitable pour réduire significativement (15 à 20%) le nombre de décès est supérieur à 50%. Idéalement, il devrait atteindre 65% des 50-74 ans.

 

Risques et conséquences du cancer colon

 

Le cancer colorectal est, en France le 3ème cancer le plus fréquent avec 40 000 nouveaux cas estimés en 2010, après les cancers du sein (71 500 nouveaux cas) et de la prostate (52 500 cas). Il provoque 17 400 décès annuels (nombre estimé en 2010), soit la deuxième cause de décès par cancer en France, après le cancer du poumon.
Son pronostic est pourtant excellent lorsqu’il est pris à temps ; la « guérison » est la règle dans la grande majorité des cas (90% de patients en vie à 5 ans). A plus forte raison si l’on retire un ou des polypes à un stade pré-cancéreux ; la guérison est alors vraie à 100%.

 

En revanche, pris à un stade tardif, d’envahissement des viscères (atteinte du foie et du pancréas) et/ou de métastases à distance, il est difficile à contrôler et impose des coupes chirurgicales mutilantes. Cela peut aboutir à un anus artificiel définitif.

Grâce au dépistage entrepris depuis 2003, plus de 13 500 cancers ont été dépistés, ainsi que plus de 54 000 adénomes (polypes) dont 31 000 en dégénérescence.

 

Personnes concernées par le dépistage du cancer colorectal

 

Le dépistage s’adresse aux personnes de 50 à 74 ans des deux sexes, à condition qu’elles n’aient pas de facteurs de risques particuliers de faire ce cancer. C’est-à-dire qu’elles n’ont aucun signe suspect, et qu’elles n’ont pas d’antécédents. Elles sont dites à risque moyen puisque le seul facteur retenu est l’âge : le cancer étant (essentiellement) une maladie de la vieillesse des cellules.

Si elles font partie d’une famille à polypes coliques et/ou cancers colo-rectaux fréquents, si elles ont déjà eu un ou des polypes, ou un cancer colique, alors elles suivent un programme de surveillance à part. De même que les personnes ayant des maladies susceptibles d’irriter (inflammation) durablement le tube digestif, donc de favoriser la cancérisation cellulaire.


Dépistage et diagnostic
du cancer colo-rectal


Dépistage du cancer colo-rectal : quels sont les principes ?

 

Les cancers coliques saignent, capricieusement mais souvent. On recherche donc du sang dans les selles, en sachant que de nombreux autres causes peuvent faire saigner le tube digestif. Mais on ne s’orientera vers un autre diagnostic qu’après la vérification qu’il n’y a aucun cancer colo-rectal.

 

Le fait d’avoir du sang visible dans les selles doit mener rapidement à la consultation du médecin traitant, qui jugera de la marche à suivre. Cette situation n’est pas la plus fréquente et correspond généralement à des cancers évolués. Le plus souvent le saignement est occulte au début du développement cancéreux.

 

Le test de dépistage retenu par la direction sanitaire est l’Hémocult II®, dit « test au gaïac » , il détecte la présence de sang invisible à l’oeil nu dans les selles. Il est actuellement en discussion du fait des progrès techniques d’analyse. Cependant, aucun changement n’est à prévoir avant deux ou trois ans en raison des procédures administratives nécessaires, en particulier l’évaluation du coût d’une procédure immunologique, plus cher.


Comment procède-t-on au dépistage ?

 

Tous les deux ans, l’association départementale chargée du dépistage adresse aux personnes concernées une invitation à retirer le test auprès de leur médecin traitant.


Il s’agit ensuite de faire soi-même à domicile un étalement d’un peu de ses selles sur une plaquette tampon, avec trois selles de suite. Puis le tout est à envoyer par la poste au laboratoire de traitement. En cas de constipation, la réalisation du test est plus longue puisque les selles sont espacées. En cas de diarrhée, c’est l’inverse. Comme il faut avoir son test à portée de main durant ce temps, il est conseillé de le faire pendant un congé.

 

Le test est gratuit mais pas la consultation du médecin traitant. L’envoi par la poste est  gratuit. Son analyse est gratuite.

Si le test est négatif (97% des cas), la personne sera sollicitée à nouveau deux ans plus tard.
En cas de test positif, la personne est invitée à consulter son médecin traitant pour qu’il prescrive une coloscopie de dépistage (examen de référence), elle aussi gratuite.

 

Si la coloscopie est positive (présence de polypes et/ou de cancer), le patient rentre dans un protocole de suivi personnalisé.
Si la coloscopie est négative, le test de dépistage n’est plus nécessaire avant cinq ans (temps moyen de développement des polypes) à condition que les médecins (traitant et gastro-entérologue) en conviennent.

 

L’ensemble de ces mesures représente un coût global de 70 millions d’euros en 2010 pris en charge à 100% par le ministère chargé de la Santé et l’Assurance maladie.


Quelles différences entre dépistage, diagnostic et prévention ?

 

Le dépistage recherche la maladie ou la pré-maladie. Il repère une présence ou un signe suspects, mais il ne l’affirme pas. Il est soit individuel au cas par cas, soit organisé systématiquement dans la population entière donc généralisé.

 

Le diagnostic est la certitude d’une maladie parfaitement identifiée. Il est rare qu’une procédure de dépistage donne aussi le diagnostic certain. C’est cependant le cas lors d’une coloscopie parce que le médecin voit la tumeur et peut la reconnaître formellement. Dans la foulée il la prélève en entier ou en partie quand elle est trop grosse (biopsie). Les prélèvement sont ensuite examinés par un histologiste (ou anatomo-pathologiste) qui confirme le diagnostic visuel et donne un nom à la tumeur. Il est parfois nécessaire de faire des examens biologiques supplémentaires sur la tumeur pour affiner son identité, et partant son pronostic. Car l’évolution et la gravité des cancers dépendent de leur nature cellulaire.

 

La prévention consiste à adopter des comportements qui limitent la transformation cancéreuse des cellules. Par exemple, ne pas fumer et ne pas vivre dans un environnement fumeur est le meilleur moyen de limiter le risque de cancer du poumon. Rares cependant sont les cancers provoqués massivement par un seul facteur. Le plus souvent c’est un cumul de petits facteurs qui accélère la cancérisation, comme dans le cancer colo-rectal. On sait que les résidus de la digestion des viandes, en particulier trop cuites ou carbonisées (barbecue) augmentent le risque ; c’est aussi le cas lors de maladies chroniques de l’intestin par l’inflammation persistante qu’elles entraînent.


CATEGORIE : hygiene-et-prevention