Accueil > Actualités > Maladies chroniques > Définition de l'hémochromatose

Définition de l'hémochromatose

Définition de l'hémochromatose

 

L’hémochromatose de type 1 est une surcharge en fer de l’organisme par augmentation de l’absorption intestinale du fer alimentaire. C’est une maladie génétique autosomique récessive, par mutation du gène HFE qui régule le transfert digestif du fer alimentaire.

Elle est souvent méconnue et ne se révèle la plupart du temps que tardivement après 40 ans d’abord chez les hommes. Chez les femmes, les règles (menstrues) limitent l’expression de la maladie jusqu’à la ménopause.

 

Elle n’est pas présente dans les populations noires africaines, ni les populations du sud-est asiatique ; mais cela peut changer grâce au métissage mondial. 

 

Symptômes et enjeux sanitaires de l'hémochromatose

 

La fréquence de la maladie est estimée en Europe de l’ouest et du nord à un malade pour 200 ou 300 personnes ; c’est beaucoup et incertain, car la plupart des malades ignorent qu’ils sont atteints. Les chiffres sont donc hypothètiques, du fait d’un diagnostic tardif, ou pas fait du tout quand l’expression de la maladie est modeste.


Pourtant la durée et la qualité de vie des malades non traités sont réduites à cause de :


L’atteinte du foie en premier

- Cirrhose, pouvant évoluer en cancer, surtout s’il existe des co-facteurs de risque (hépatite chronique virale B ou C, alcoolisation chronique…)


L’atteinte du pancréas en plus du foie

- Diabète majoré par les facteurs de risques habituels (déséquilibre alimentaire, sédentarité)


L’atteinte du cœur

- Insuffisance cardiaque et troubles du rythme


L’atteinte des glandes sexuelles

- Hypofertilité et troubles sexuels (impuissance)


L’atteinte de la peau

- La peau prend un teint métallique « bronzé » grisâtre.


L’atteinte articulaire

- Ces troubles sont précoces et rarement rattachés à sa vraie cause, source de douleurs et de handicap au quotidien.

  

Causes et mécanismes de l'hémochromatose

 

Cette maladie héréditaire autosomique récessive est presque toujours causée par une mutation du gène HFE, qui produit l’hepcidine, une hormone de régulation du l’absorption du fer digestif.


Une mutation dite C282Y concerne presque 100% des cas français et 70 à 95% des malades européens. Les malades manifestes sont habituellement porteurs d’une double mutation C282Y : sur le chromosome 6 venu de leur père et sur le chromosome 6 venu de leur mère. Ils sont dits homozygotes pour la mutation.
Les porteurs d’une seule mutation sur un de leurs deux chromosomes 6 sont dits hétérozygotes ; ils sont peu ou pas atteints, donc encore moins souvent diagnostiqués.


La pénétrance de la mutation (son expression) est très variable, donc sa gravité ; les formes sévères sont rares en pratique.
Mais comme la mutation est répandue dans la population générale (5 à 10% de mutations hétérozygotes), le risque qu’un homme et une femme atteints aient des enfants ensemble est grand.

 

En temps normal, seulement 5 à 10% du fer alimentaire est absorbé par le tube digestif, soit 1 mg/j correspondant grossièrement aux pertes quotidiennes (un litre de sang contient 500 mg de fer). L’hepcidine limite cette entrée du fer.

En son absence, l’absorption augmente librement. Chez les femmes pubères, le flux sanguin menstruel corrige plus ou moins cette augmentation de l’absorption digestive. Cette correction disparaît à la ménopause.


Quels sont les signes de la maladie ?

 

L’accumulation de fer dans l’organisme sature d’abord le foie qui est la réserve de fer naturelle, puis le pancréas.

 

Les dépôts de fer dans les articulations provoquent des douleurs chroniques.

Les muscles sont à leur tour atteints, dont le muscle cardiaque. Cela explique l’insuffisance cardiaque et la fatigue chronique des hémochromatosiques.

Pour leur malheur, en l’absence de diagnostic correct on leur prescrit du fer et des vitamines, dont la vitamine C, pour « se remonter » ; or la vitamine C augmente l’absorption du fer, qui est lui-même en excès. On aggrave donc l’intoxication en voulant bien faire.


Une des causes paradoxales et connue de l’hémochromatose est ainsi la supplémentation en fer des anémiques, ou les transfusions sanguines chez des patients non diagnostiqués.

 

La maladie est étiquetée en quatre stades de gravité croissante : I, II, III et IV, selon l’importance de l’atteinte des organes : foie, pancréas, cœur, glandes sexuelles, muscles, articulations…

  • Au stade 1, aucun signe ne révèle la maladie, même les analyses de sang sont normales. C’est le stade des jeunes patients avant 15-20 ans. Les femmes n’expriment pas la maladie ou rarement avant la ménopause.
  • Au stade II, la maladie n’est toujours pas visible mais les anomalies sanguines sont présentes dès 20 ans. Un des premiers signes articulaires est la poignée de main douloureuse.
  • Au stade III, les anomalies sanguines sont révélées à l’occasion d’un bilan face aux signes de la maladie qui apparaissent autour de 30 ans chez l’homme, plus tard chez la femme :
    l’asthénie (fatigue) chronique, les douleurs et inflammations articulaires, la cirrhose hépatique, l’atteinte cardiaque ou les troubles sexuels (impuissance).
  • Le stade IV est le stade où l’atteinte des différents organes est nette et irréversible, généralement après 40 ans, plus tard chez la femme.


Avec quoi ne faut-il pas confondre ?

  1. Un rhumatisme articulaire comme la goutte ou la chondrocalcinose ; d’autant que les signes articulaires de l’hémochromatose surviennent plutôt autour de 40 ans et qu’on pense plutôt au « vieillissement articulaire » qu’à une maladie chronique ancienne.
  2. L’atteinte du foie par l’alcool ou une hépatite virale peut interrompre indûment les explorations quand le médecin se contente de cette explication. Or on peut avoir une alcoolisation excessive et une hémochromatose, eu égard à sa fréquence dans la population.
  3. Prendre le diabète de l’hémochromatose pour un diabète de surcharge générale alors qu’il s’agit d’une surcharge en fer.

 

Y a-t-il une prévention possible de l’hémochromatose de type 1 ?

 

Du fait de la fréquence de cette maladie génétique dans la population, le dépistage systématique est envisageable dans la population, à la naissance ou plus tard après 40 ans au moment où se révèle clairement la maladie. Cette option n’a toutefois pas été retenue jusqu’à présent.


Il se fait donc à l’opportunité lors d’une enquête familiale autour d’un cas diagnostiqué.
Chez des personnes hétérozygotes, presque pas affectées, des conseils diététiques peuvent suffire à raréfier les saignées.


A quel moment consulter le médecin ?

 

En cas de fatigue durable et de douleurs articulaires et chaque fois qu’on sait ou doute d’un membre de la famille proche qui serait atteint.
Il est important de faire le diagnostic précocement car le traitement est peu efficace quand les organes sont détériorés, c’est-à-dire au stade III et IV.

 


Que fait le médecin ?

 

Il procède à un examen clinique complet, recherchant une atteinte articulaire caractéristique aux mains, puis une atteinte hépatique et cardiaque, qui sont les plus urgentes à connaître.


Une batterie d’examens fait la part des choses. Mais seuls deux examens sont nécessaires au diagnostic de la maladie dans un contexte non inflammatoire :

 

Le diagnostic certain est fait par le génotypage du malade et l’examen de la mutation du gène HFE en cause. S’il confirme la maladie génétique, on procède à une enquête familiale (parents au 1er dégré) avec l’accord du patient, pour connaître les porteurs de la mutation et assurer la prise en charge après bilan complet.


Pour les parents dans l’attente d’un enfant, un génotypage des deux parents chiffre les risques de transmission à l’enfant.

 

Le traitement est représenté par des saignées régulières : tous les trois mois au moins, toutes les semaines si nécessaires au début. Eventuellement on recourt aux chélateurs du fer pour diminuer rapidement l’intoxication.


Ce traitement n’est efficace qu’avant l’atteinte avérée des organes, en particulier la cirrhose du foie. D’ou l’importance de l’enquête familiale pour détecter des patients traitables rapidement et éviter les complications.

 

 


Comment préparer la consultation médicale ?

 

En rassemblant les données familiales permettant d’écarter ou d’évoquer une hémochromatose, d’une part, et ses examens sanguins au cours du temps si on les a conservés.