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20 questions sur l’alimentation et le cancer en 2011

20 questions sur l’alimentation et le cancer en 2011


L’Agence nationale de Sécurité, Alimentation, Environnement, Travail (ANSES) vient de publier un rapport d’expertise collective sur l’influence de l’alimentation (et l’exercice physique) sur le risque cancéreux. Voici vingt questions/réponses qui en résument les conclusions avec toute la prudence qui sied à une institution de référence scientifique.

 

20 questions/réponses ANSES


1. L’alimentation et l’activité physique influencent-elles le risque de cancer ?

 

Les cancers sont des maladies multifactorielles dont l’apparition et le développement font intervenir de nombreux facteurs : individuels (génétiques,), comportementaux (tabac, alcool, nutrition, exposition solaire…) et environnementaux (polluants, agents infectieux).
Ces facteurs ne sont généralement pas spécifiques puisqu’un même cancer peut être causé par plusieurs substances, mais ils peuvent être synergiques, c’est-à-dire se favoriser entre eux.
Les causes et les prédispositions au cancer restent incomplètement connues et font donc l’objet de travaux de recherche (préconisation du Plan Cancer).

On estime que les facteurs « nutritionnels » au sens large (alimentation, consommation de boissons alcoolisées, surpoids/obésité et activité physique insuffisante) interviennent dans l’apparition d’un tiers des cancers les plus communs. Ce qui justifie la mesure 11 du Plan cancer 2009-2013 : « Promouvoir des actions de prévention sur les liens entre l’alimentation, l’activité physique et les cancers ».

 


2. Quels sont les modes d’action des principaux facteurs nutritionnels sur le risque de cancer ?

 

Le lien entre cancer et nutrition est complexe et se décompose en :

 

1. Effets directs de l’alimentation
- excès de certains nutriments ou aliments dont on a mis en évidence la relation avec le cancer : l’alcool, les acides gras trans, ou encore la viande rouge, le sel,…
- déficit en certains nutriments ou aliments, reconnus pour leurs rôles protecteurs contre certains cancers : fruits et légumes, vitamine C, fibres, sélénium…

 

2. Effets indirects de l’alimentation
Ils peuvent être liés à des dérèglements, notamment hormonaux, induits par le surpoids ou l’obésité.

 

3. Effets de l’exercice physique
Ils sont hormonaux, mais aussi métaboliques par son rôle sur l’équilibre énergétique qu’il favorise : adéquation entre apport et dépense caloriques.

Au delà des facteurs nutritionnels stricto sensu, il faut tenir compte des effets potentiels des contaminants alimentaires. C’est la raison pour laquelle la réglementation a fixé des limites maximales de résidus (LMR) pour tous les contaminants susceptibles de présenter un risque pour la santé (résidus de pesticides, métaux lourds, …).
Des contrôles sont régulièrement effectués par les autorités publiques pour s’assurer du respect de ces valeurs limites.

 


3. L’activité physique a-t-elle un effet sur le risque de cancer ?

 

Il existe une relation entre activité physique*, sédentarité et plusieurs cancers, en particulier les cancers du côlon, du sein et de l’endomètre.

L’effet bénéfique de l’activité physique sur le risque de cancers pourrait être lié à la diminution des taux circulants de diverses hormones (notamment les oestrogènes) et de facteurs de croissance (qui aident le cancer à se développer comme les autres cellules).
L’activité physique, par ailleurs, accélère le transit intestinal, réduisant l’exposition digestive aux cancérogènes d’origine alimentaire, et elle stimule l’immunité.
De plus, elle diminue la prise de poids, donc le surpoids et l’obésité, eux-mêmes facteurs de risque de plusieurs cancers.
Cet effet bénéfique peut être obtenu par la pratique régulière (au moins 30 minutes par jour, 5 jours par semaine) d’une activité physique d’intensité modérée comparable à la marche rapide (5 km/h au moins). En France, selon les études, il est estimé que 21 à 37 % des adultes n’atteignent pas cette recommandation.

 

* L’activité physique recouvre l’activité physique professionnelle (travail en exploitation agricole, manutention…), domestique (travaux ménagers, jardinage…), de loisir (jogging, danse…) et celle liée aux transports (à pied, à vélo…).

 


4. L’obésité, ou même le surpoids, peuvent ils favoriser l’apparition d’un cancer ?

 

Le surpoids et l’obésité augmentent le risque  de nombreux cancers (oesophage, pancréas, côlon, rectum, endomètre, rein, sein après la ménopause), notamment par le biais de dérégulations métaboliques et hormonales.
En France, le surpoids (obésité exclue) concerne 31,4 % des adultes et l’obésité 11,6 % (données issues de l’étude INCA 2).

Une alimentation trop riche en énergie (mesurée par exemple en calories) et le manque d’activité physique contribuent fortement au développement du surpoids et de l'obésité.
Il est donc recommandé de pratiquer au moins 30 minutes d’activité physique (de même intensité qu’une marche rapide) 5 jours par semaine et de limiter les activités sédentaires (comme celles pratiquées en face d’un écran).

Il est également recommandé d’avoir une alimentation équilibrée et diversifiée, conforme aux repères nutritionnels du Programme national nutrition santé (PNNS).

 


5. La consommation de fruits et de légumes diminue-t-elle le risque de cancers ?

 

Oui. L’effet protecteur des fruits et des légumes vis-à-vis de certains cancers est lié à des constituants bénéfiques : notamment les fibres, les vitamines et les minéraux et d'autres micro-constituants comme les polyphénols.
De plus, la consommation de légumes contribue à diminuer le risque de surpoids et d’obésité.

Il est recommandé de consommer 5 portions de fruits et légumes par jour (PNNS), soit environ 400 g/jour. En France, 57 % des adultes n’atteignent pas cette quantité. La consommation moyenne de fruits et légumes en France d’un adulte est de 283 g/j (soit 3,5 portions – source INCA 2).

Pour prévenir les risques liés aux résidus de pesticides dans les fruits et légumes, la réglementation européenne fixe des limites maximales de résidus (LMR) pour tous les contaminants susceptibles de présenter un risque pour la santé.

 


6. Existe-t-il des fruits ou des légumes ou des aliments « anticancers » ?

 

Certains aliments sont mis en avant pour leur richesse en molécules bénéfiques (ex : vitamines, minéraux, antioxydants…) dont l’effet a été observé expérimentalement chez l'animal, ou in vitro sur des cellules isolées.
Il s’agit notamment de certaines baies (myrtille, cassis, …),  de la grenade, de l’oignon, du brocoli, qui sont parfois qualifiés d’aliments « anticancers ».

Mais l’expression « aliment anticancer » est trompeuse : elle laisse croire que la consommation d’un aliment peut empêcher le développement d’un cancer, voire le guérir, ce qui est totalement faux et infondé.
En effet, aucun aliment, quelle que soit sa composition nutritionnelle, ne peut, à lui seul, s’opposer au développement d’un cancer ou de toute autre maladie. Le cancer résulte d’un très grand nombre de facteurs, dont certains sont indépendants de notre alimentation.

Il est nécessaire de raisonner de manière globale : seule une alimentation équilibrée et diversifiée avec un apport calorique adapté aux dépenses énergétiques jointe à une activité physique régulière peut réduire le risque cancéreux.

 


7. Peut-on parler d’un « régime anticancer » ?

 

Cette expression, largement utilisée dans les média et certains ouvrages, sous-entend que les aliments que nous consommons agiraient comme des médicaments.
Cette affirmation est fausse, scientifiquement infondée, voire dangereuse. En effet, aucun régime alimentaire ne peut se substituer à un traitement médical, quelle que soit la maladie.

Pour les facteurs nutritionnels, seuls une alimentation et une activité physique régulière conformes aux repères nutritionnels du PNNS et une réduction de la consommation d’alcool, (prévention de surpoids et des pathologies cardio-vasculaires) peuvent réduire le risque de cancer, sans le supprimer totalement.
Rappel : les cancers impliquent d’autres facteurs : comportementaux (tabac, exposition au UV), individuels (génétiques, hormonaux) et environnementaux (polluants, agents infectieux).

 

 

8. Existe-t-il des fruits ou des légumes à privilégier en prévention nutritionnelle des cancers ?

 

Certains légumes ou fruits contiennent des micro-constituants (composés soufrés de l’ail ou indoles des légumes crucifères tels que le choux et le brocoli) dont les propriétés anti-tumorales ont été observées expérimentalement chez l’animal ou sur des cellules isolées. En l’état des connaissances, il est impossible d’extrapoler ces résultats aux cancers chez l’Homme.

L'approche, dite « portfolio », qui évalue l’ensemble des données issues de différentes méthodes (études épidémiologiques d’observation ou d’intervention, études sur animaux ou sur cellules) confirme qu'il n'existe pas d'aliment ou de nutriment directement impliqués de façon isolée dans la prévention d'un cancer.
Tous les fruits et légumes, compte tenu de leur composition variée, présentent un intérêt car ils diversifient le régime tout en apportant l’ensemble des micronutriments dont l’organisme a besoin.

 


9. Des plantes aromatiques ou épices, comme le curcuma, le thé, le thym, le persil, l’ail, ont-elles un intérêt en protection du cancer ?

 

Comme pour les fruits et les légumes, certains microconstituants des plantes aromatiques et épices (flavones du thym et du persil, catéchines du thé, polyphénols du curcuma) présentent des propriétés intéressantes, mais les effets n’ont été observés qu’expérimentalement chez l’animal ou sur des cellules isolées.
En l’état actuel des connaissances, on ne peut pas affirmer que la consommation de ce type de plantes ou d’épices présente un intérêt spécifique dans la prévention des cancers chez l’Homme.

 


10. La consommation d’alcool favorise-t-elle l’apparition des cancers ?

 

Toutes les boissons alcoolisées (vin, bière, spiritueux…) contiennent de l’alcool. Alcool qui dans l’organisme se transforme en un composé génotoxique c’est-à-dire altérant les gènes des cellules.
La consommation de ces boissons augmente le risque de cancers de la bouche, du pharynx, du larynx, de l’oesophage, du côlon-rectum, du sein et du foie.
Elle modifie la perméabilité des muqueuses (bouche, pharynx, larynx et oesophage), ce qui favorise l’absorption d’autres molécules cancérogènes, notamment celles de la fumée du tabac.
Une consommation élevée d’alcool entraîne aussi des carences en certaines vitamines, notamment les folates, qui jouent un rôle capital dans l'intégrité de l'ADN dont sont constitués les gènes.

Donc, il est recommandé aux buveurs de réduire leur consommation de boissons alcoolisées : l'augmentation du risque cancéreux est significative à partir d'un verre par jour.


20 questions sur l'alimentation et le cancer
Conseils pratiques


11. La consommation de viandes rouges et de charcuteries favorise-t-elle le cancer ?

 

La viande rouge contient du fer héminique et la charcuterie contient des sels nitrés, dont la consommation en excès favorise les cancers du côlon et du rectum.
Il est recommandé de limiter la consommation de viandes rouges à 500 g/semaine et de réduire la consommation de charcuteries.
Il est aussi conseillé d’alterner la consommation de viandes blanches, oeufs, poisson et légumineuses associées à des céréales.

En France, la consommation moyenne de viandes rouges chez l’adulte est de 370 g par semaine (53 g par jour), et celle de charcuteries de 270 g par semaine (38 g par jour).
Un quart des adultes (39 % des hommes et 13 % des femmes) consomme plus de 500 g de viande rouge par semaine.

 


12. Une alimentation riche en sel favorise-t-elle l’apparition du cancer de l’estomac ?

 

Le sel consommé en excès peut altérer la muqueuse gastrique et agir en synergie avec d’autres facteurs de risque de cancer de l’estomac. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande donc de ne pas dépasser un apport en sel de 5g/jour.

En France, les apports moyens sont chez l’adulte de 8,5 g/jour (source INCA 2) : 67 % des hommes et 26 % des femmes ont des apports supérieurs à 8 g/jour.
L’objectif du PNNS est de réduire dans un premier temps ces apports à moins de 8g/j chez les hommes et moins de 6,5g/j chez les femmes et les enfants.

Pour ce faire, il est recommandé de limiter la consommation d’aliments transformés salés comme les charcuteries, fromages, snacks divers et plats préparés, et de pas ajouter de sel à la cuisson ou dans l’assiette.

 

 

13. La préparation des aliments a-t-elle un effet sur le risque de cancer ?

 

La transformation culinaire, y compris domestique, peut entraîner la formation de substances potentiellement cancérogènes : essentiellement les cuissons intenses et prolongées de type fritures, grillades, ou barbecue. En conditions correctes d’utilisation de ces divers modes de cuisson, le risque semble très faible, compte tenu des données chez l’Homme encore limitées.

 


14. Une supplémentation en microconstituants végétaux ou en antioxydants peut-elle prévenir le cancer ?

 

L’effet protecteur des antioxydants a été suggéré dans certaines études d’observation et des études mécanistiques (in vitro ou avec un modèle animal). Cet effet est rarement retrouvé dans les études en population humaine générale. Mais on peut le noter dans des sous-populations particulières : carencées ou déficitaires.

Attention
La supplémentation en antioxydants peut avoir un effet néfaste. Par exemple, la supplémentation en bêta-carotène chez les fumeurs augmente leur risque de cancer du poumon. Ce serait dû au développement de micro-cancers quiescents, « réveillés » par la supplémentation.

Dans une perspective plus globale, la supplémentation en antioxydants, microconstituants ou micronutriments pourrait donc être plus risquée que bénéfique.
D’autant que les besoins nutritionnels en microconstituants, micronutriments et antioxydants peuvent être satisfaits par une alimentation équilibrée et diversifiée, sans nécessité de compléments alimentaires.

 


15. Un apport en vitamines et/ou en minéraux supérieur aux apports nutritionnels conseillés peut-il prévenir le cancer ?

 

Les vitamines (vitamines A, C, E, folates ou vitamine B9, béta-carotène, etc.), les minéraux (fer, calcium, magnésium, sodium, potassium, chlore, phosphore) et les oligoéléments ou éléments à l’état de traces (cuivre, iode, sélénium, etc.) sont nécessaires aux diverses fonctions de l’organisme.
Pour chacun, les besoins de l’organisme sont connus et couverts par une alimentation diversifiée et équilibrée ; il suffit de privilégier la consommation d’aliments riches en vitamines et minéraux, tels les fruits et les légumes.

Un apport supplémentaire par des compléments alimentaires est inutile et peut présenter des risques, d’autant plus qu’il s’agit souvent de cocktails de substances dont on ne connaît ni les interactions, ni les synergies.
Donc, il n’est pas recommandé d’avoir recours à des compléments alimentaires, sauf dans certaines situations particulières de déficit ou de besoins accrus. Situations diagnostiquées et suivies par les médecins.

 


16. L’allaitement diminue-t-il le risque de cancers du sein chez la femme ?

 

Oui. L’allaitement diminue le risque de cancer du sein par le biais de mécanismes hormonaux, ainsi que par l’élimination de cellules potentiellement cancéreuses à la fin de l’allaitement.

Il est recommandé d’allaiter son enfant pendant 6 mois et si possible de façon exclusive, la diversification alimentaire du nourrisson survenant après ces six mois.

 


17. Peut-on établir un lien entre un aliment ou un nutriment et un cancer à partir d’une seule étude ?

 

Non. La relation entre un facteur nutritionnel et le risque d’un cancer est difficile à mettre en évidence, pour diverses raisons :
- la complexité de la maladie ;
- la complexité et la diversité des facteurs nutritionnels et de leurs mécanismes d'action ;
- les interactions mal connues entre les facteurs nutritionnels dans un aliment et dans un régime global ;
- les interactions mal connues entre facteurs nutritionnels et facteurs environnementaux ou individuels.

Il est donc nécessaire de disposer de résultats issus de nombreuses études réalisées avec des approches complémentaires (épidémiologique, mécanistique).
Seule l’évaluation de l’ensemble des résultats disponibles permet d’établir avec un minimum de sûreté un lien entre un facteur nutritionnel et l’apparition d’un cancer.

 


18. Que doit-on retenir de l’analyse des relations entre nutrition et cancer ?

 

Ces liens sont complexes et ne sont mis en évidence que par l’accumulation de données multiplies résultant de divers types d’études : expérimentales chez l’animal et in vitro, épidémiologiques, cliniques.
Une seule étude, quelle qu’en soit la méthode, ne suffit pas à établir une relation causale entre un facteur nutritionnel et le risque de cancer.
Il existe des relations entre la façon dont nous nous alimentons et le risque de cancer, mais il n’existe pas d’aliment ou de nutriment « anticancer ».
Seule une alimentation équilibrée, diversifiée et un apport calorique adapté aux dépenses énergétiques diminuent le risque de cancer.

 

Il est recommandé de limiter :

  • la consommation d’aliments denses énergétiquement favorisant le surpoids.
  • la consommation de viandes rouges, de charcuteries, de sel et d’aliments salés,
  • la consommation de boissons alcoolisées.

Il est par ailleurs recommandé de privilégier :

  • la consommation de fruits et légumes qui couvrent les besoins en micronutriments et diminuer la densité énergétique du régime alimentaire suivi.

 

Enfin, une activité physique, aussi intense qu’une marche rapide d’au moins 30 minutes par jour 5 jours par semaine, limite la prise de poids et le risque de cancer.

 


19. La consommation de poissons a-t-elle un impact sur le risque de cancer ?

 

Les poissons représentant une source importante d’acides gras oméga 3 et de vitamine D, le PNNS en recommande la consommation au moins 2 fois par semaine.
Mais certaines espèces de poissons peuvent, selon leur provenance géographique, contenir des substances polluant les eaux et présentant un risque cancérogène.

Afin de profiter des bienfaits des poissons sur la santé, l'Anses recommande la consommation de 2 portions par semaine, dont une d’un poisson riche en oméga 3, en variant les espèces et les lieux d’approvisionnement.

Cette consommation permet une couverture optimale des besoins en limitant l’exposition aux contaminants chimiques.

 


20. Une alimentation riche en lipides favorise-t-elle l’apparition de cancers ?

 

Le lien entre une alimentation riche en lipides et des cancers du sein, colorectal et de l’endomètre est évoqué. Toutefois, cette relation pourrait n’être due qu’à un déséquilibre énergétique par consommation excessive de lipides et son impact sur le poids.

L’Anses rappelle ses dernières recommandations d’apport en lipides : compris entre 35 et 40 % des apports énergétiques totaux en privilégiant les acides gras polyinsaturés.
En France, 43% des adultes ont des apports lipidiques supérieurs à 40 % des apports énergétiques totaux.


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