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Comment est fixé le prix des médicaments remboursables ?

Comment est fixé le prix des médicaments remboursables ?


Après l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour un médicament, si l’entreprise fabriquant ce médicament souhaite que la spécialité soit remboursable par la Sécurité sociale ou disponible à l’hôpital, elle dépose une demande à la Haute Autorité de Santé (HAS) en vue d’un examen par la Commission de la transparence. Celle-ci prononce un avis scientifique sur le service médical rendu par ce médicament (SMR) et sur son intérêt par rapport à la thérapeutique déjà sur le marché (ASMR : amélioration du SMR), car les prix de vente des médicaments remboursables ne sont pas libres.


Par exemple : les médicaments qui n’apportent ni ASMR, ni économie dans le traitement médicamenteux sont exclus du remboursement par la Sécurité sociale (art. R. 163-5-1 2e alinéa du Code de la Sécurité sociale). Après avis de la Commission de la transparence sur l’ASMR, et selon les modalités de la politique conventionnelle votée par le Parlement, les prix accordés aux fabricants sont fixés par convention entre le laboratoire et le Comité économique des produits de santé (CEPS), à défaut par arrêté ministériel.


Mais le prix final du médicament comprend aussi la rémunération des grossistes-répartiteurs et des officinaux. Ce prix sur les médicaments remboursables (hors génériques non soumis au tarif forfaitaire de responsabilité : TFR) est fixé par arrêté avec deux dispositifs réglementaires : la marge dégressive et les remises.

 

Quel est le marché des médicaments remboursables ?


En 2007, les médicaments remboursables représentaient 74 % du chiffre d’affaires, en France, de l’industrie du médicament.


Prix des médicaments
Conseils Pratiques

Quelles sont les marges sur le prix des médicaments remboursables ?

 

La marge des grossistes-répartiteurs est égale à 9,93 % du prix fabricant hors taxe de référence (PFHT) jusqu’à 22,90 euros ; 6 % entre 22,90 et 150 euros ; 2 % entre 150 et 400 euros.


La marge des pharmaciens officinaux est égale à 26,1 % du PFHT jusqu’à 22,90 euros, 10 % entre 22,90 et 150 euros et 6 % au-delà ; à laquelle s’ajoute un forfait par boîte de 0,53 euro. Les remises accordées aux pharmaciens par les grossistes-répartiteurs ou les laboratoires sont plafonnées à 2,5 % du prix de vente aux pharmaciens pour les médicaments remboursables non génériques, et à 17 % du PFHT pour les médicaments génériques et les princeps (originaux) sous TFR.


Le taux de TVA appliqué aux médicaments remboursables est de 2,1 %. Mais la totalité des taxes perçues par l’État est de 6,6 % : taxes sur les ventes directes, la promotion, les redevances à l’Afssaps, les remises à l’Acoss (Caisse nationale des Urssaf), la contribution des répartiteurs à l’Acoss, la TVA.


Sur le chiffre d’affaires des médicaments remboursables vendus par l’officine, exprimé en prix publics, le fabricant a perçu 67,6 % en 2007 (source Leem, CSRP, 2008).

 

Quelles sont les marges sur le prix des médicaments non remboursables ?


Les prix des médicaments non remboursables par la Sécurité sociale (principalement ceux qui peuvent faire l’objet de publicité directe auprès du public) sont fixés librement par les fabricants depuis le 1er juillet 1986. Mais les industriels se sont engagés, début 2008, dans un accord de bonnes pratiques de gestion des prix (principes de la loi Chatel pour le pouvoir d’achat).


La rémunération de la distribution est également libre, et le taux de TVA appliqué aux médicaments non remboursables est de 5,5 %. Cette catégorie de produits représentait 6,3 % du chiffre d’affaires de l’industrie du médicament opérant en France, en 2007. Ces médicaments entrent désormais dans le jeu de la concurrence, même dans les pharmacies. D’après l’UFC-Que choisir, les marges ont augmenté mais leur montant est difficilement contrôlable.


CATEGORIE : mon-pharmacien

Le métabolisme des médicaments : de quoi s’agit-il ?

Le métabolisme des médicaments : de quoi s’agit-il ?


Le métabolisme des médicaments évoque le devenir des médicaments dans l’organisme et désigne la façon dont ils sont absorbés, transformés et excrétés par celui-ci. Tout va dépendre des caractéristiques du produit ingéré (notamment sa durée d’action) et du profil du patient qui l’absorbe, sachant qu’une même molécule ne se comporte pas de façon identique chez un sujet jeune ou chez un sujet âgé, selon qu’il est porteur d’une ou de plusieurs pathologies ou qu’il reçoit un ou plusieurs traitements. Entre 20 et 80 ans, les différences sont considérables !

 

Que devient le médicament dans l’organisme ?


Après avoir été administré, le médicament est résorbé, distribué puis éliminé par les reins. Cette progression varie en fonction des caractéristiques du produit appelées « propriétés pharmacocinétiques ». Certaines molécules agissent plus rapidement (antibiotiques), d’autres ont une action retardée (antidépresseurs). La vitesse de libération d’un produit dépend de la forme sous laquelle il se présente (comprimé, liquide), mais sa distribution va dépendre de la réponse de nos organes, de notre poids, de notre masse grasse mais aussi de nos particularités génétiques et pathologiques.

 

Les médicaments n’ont pas tous la même vitesse d’élimination. Ceux qui possèdent des cycles d’élimination longs ne sont pas toujours éliminés entre deux prises et exposent à un risque d’accumulation et de surdosage, notamment si plusieurs médicaments sont absorbés en même temps (risque iatrogène responsable de 128 000 hospitalisations chaque année).

 

Mécanismes des variations chez le sujet âgé


Avec l’âge le métabolisme se ralentit, celui des médicaments aussi : les risques de surdosage sont les premiers à apparaître.


Les molécules sont assimilées, « métabolisées » dans le langage médical, et éliminées différemment chez le sujet âgé du fait de l’altération des capacités de filtration des reins (capacités diminuées de moitié entre 20 et 80 ans) ; c’est l’insuffisance rénale des médecins. Le foie, dont le volume diminue également, est moins performant ; c’est l’insuffisance hépatique. Le vieillissement physiologique provoque une augmentation du tissu adipeux (masse grasse) au détriment de la masse musculaire et de la masse osseuse, et la diminution du volume d’eau. À cela viennent s’ajouter, selon le cas, une éventuelle dénutrition et une déshydratation de nature à modifier les modes de distribution et d’élimination des médicaments.


Pendant longtemps, les sujets de plus de 70 ans ont été écartés du recrutement des études cliniques en raison de leurs polypathologies. Cette erreur est désormais réparée. La loi n° 2004-806 du 9 août 2004 de l’Afssaps relative à un consensus de prescriptions chez le sujet âgé, favorise la mise en place d’études spécifiques dans cette tranche de la population qui réagit différemment et constitue une population à risque. On dispose donc d’informations plus précises sur la manière de prescrire au grand âge.


Métabolisme des médicaments
Conseils pratiques

Comment identifier les risques ?


Les risques proviennent finalement moins de l’âge de l’état civil que de la prédisposition génétique, des maladies en particulier chroniques (hypertension et diabète surtout) et d’une polymédication (beaucoup de médicaments) inadaptée, source d’accidents médicamenteux.


Les médecins spécialistes du grand âge (gériatres, gérontologues) sont les mieux placés pour apprécier les spécificités du sujet âgé et la nécessité d’harmoniser les traitements en fonction d’une batterie de critères exposés dans les référentiels de la Haute Autorité de Santé (HAS).


Les médecins sont attentifs à ne pas menacer un équilibre physiologique fragile. Toutefois, si la bonne qualité de vie et l’autonomie imposent de prescrire exactement le nécessaire, celui-ci peut être conséquent !


Il convient d’utiliser avec finesse la forme sous laquelle se présente le médicament : comprimé, gélule, sirop, gouttes, aérosols, la « galénique » en langage médical. De cette forme dépendent la libération du produit et la qualité de suivi du traitement (une personne âgée sur deux ne suit pas correctement son traitement) : par exemple, les liquides, plus vite assimilés et plus rapidement actifs, remportent leurs suffrages comparativement aux comprimés difficiles à couper ou jugés trop gros pour être avalés. Quant au dosage, il est conseillé de le diminuer de moitié lorsqu’on instaure un traitement chez le sujet âgé, quitte à l’augmenter au bout d’un certain temps s’il est bien toléré et si le résultat peut être amélioré.

 

Les principales situations à risque


Le rein s’altère inéluctablement plus ou moins vite. Tous les médicaments qui l’atteignent sont à prescrire avec prudence : les antiinflammatoires par exemple. Le ralentissement des fonctions digestives (gastrique et intestinale) est à prendre en compte.


Certaines classes de médicaments très prescrites avec l’avancée en âge réclament une attention particulière : anticoagulants pris par la bouche à ne pas associer à des médicaments connus pour leurs effets antiplaquettaires (comme l’aspirine à dose antalgique) sous peine de provoquer une hémorragie, ni à l’alimentation qui annule leurs effets (aliments riches en vitamines K) et permet à la maladie d’apparaître (embolies par exemple, accident cérébral). Les psychotropes sont dangereux s’il n’y a pas de diagnostic précis et confirmé les motivant : hypnotiques, antidépresseurs, anxiolytiques ; de même pour les anticholinergiques, certains médicaments cardiologiques dont les antihypertenseurs et les médications de l’insuffisance cardiaque (digitaliques).


Les associations fixes (deux molécules dans le même comprimé par exemple) de plusieurs médicaments destinés à traiter l’hypertension sont déconseillées, car on ne peut pas moduler subtilement la prescription selon l’état de la personne.

 

Que fait le médecin ?


Après avoir déterminé la dose optimale pour son patient, c’est-à-dire la dose efficace mais non toxique permettant d’obtenir l’effet souhaité, le médecin prescrit la molécule appropriée.


Il demande des analyses biologiques (dosage de la créatinine) pour évaluer la fonction rénale de son patient : notamment s’il prescrit des anticoagulants, des antibiotiques (classe des quinolones), des morphiniques ; plus encore s’il prescrit du lithium pour des troubles de l’humeur, en raison de l’accumulation des résidus (métabolites) toxiques pour le rein.


Les polypathologies (plusieurs maladies en même temps) compliquent la prescription médicale et la tâche des soignants, qui doivent vérifier le suivi du traitement (observance), la régularité des horaires et du volume des prises, et être attentifs à l’espacement des prises médicamenteuses au cours de la journée afin d’éviter les surdosages. On tient compte de la malabsorption de l’intestin qui réduit l’effet de certains traitements : le passage des médicaments dans la circulation est freiné, comme celui des minéraux et des aliments.


L’arrêt du médicament, ou « sevrage » constitue un moment critique car il doit être progressif avec les benzodiazépines, les corticoïdes ou les bêtabloquants.

CATEGORIE : les-seniors

Comment se fait le remboursement du médicament ?

Comment se fait le remboursement du médicament ?


Le remboursement par l’Assurance Maladie des médicaments vendus en officine fait suite à une prescription faite par une personne autorisée par la loi : médecin, sage-femme, chirurgien-dentiste, directeur de laboratoire d’analyses, ceci dans la limite de leur exercice professionnel.
Ces médicaments doivent figurer sur la liste des médicaments remboursables aux assurés sociaux. Cette liste est proposée par les organismes officiels et fixée par arrêté ministériel.

 

Qui décide du remboursement ?


Ne peut être remboursé qu’un médicament ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM). Ensuite, le laboratoire fabricant peut demander à ce qu’il soit remboursé. Le dossier qu’il dépose à cet effet comporte les évaluations de la Commission de la transparence, intégrée à la Haute Autorité de Santé (HAS), concernant en particulier les critères de service médical rendu (SMR) et d’amélioration du service médical rendu (ASMR). Ces critères sont retenus par rapport aux familles de spécialités déjà sur le marché.
Sur l’avis de la HAS, après évaluation et validation du dossier, l’inscription sur la liste de la Sécurité sociale est décidée ou non par le ministre de la Santé.

 

Comment est fixé le prix du médicament ?


Le Comité économique des produits de santé (CEPS) négocie alors avec l’industriel fabricant le prix de la spécialité (terme employé par les pharmaciens pour les médicaments), remboursable aux assurés sociaux.
Le CEPS fixe le prix des médicaments remboursables au niveau le plus avantageux pour la collectivité des assurés sociaux. Ce prix doit être compatible avec l’Ondam (Objectif national d’évolution des dépenses d’Assurance Maladie) voté par le Parlement chaque année. En effet, les ministres chargés de la Sécurité sociale, de la Santé, de l’Économie et de l’Industrie notifient au président du CEPS, après publication de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS), les orientations relatives à la politique économique du médicament.

 

Comment est fixé le taux de remboursement ?


Le taux de remboursement est une décision de l’Urcam (Unions régionales des caisses d’Assurance Maladie). Toutes ces décisions (remboursement et taux) font l’objet d’une publication concomitante au Journal officiel (JO).

 

Comment le patient est-il remboursé ?


Le taux de remboursement est indiqué sur chaque boîte de médicament par une vignette : blanche barrée (100 %), blanche (65 %) ou bleue (35 %). La vignette bleue est décernée aux médicaments dont le service médical rendu (SMR) n’a pas été reconnu comme majeur.
Le remboursement des médicaments « particulièrement coûteux » (cancer, sida) suppose une « entente préalable » du service médical des caisses d’Assurance Maladie.

S’il est admis en ALD (Affections Longue Durée), les soins liés à la ou les affections déclarées sont remboursés à 100% (dans la limite des tarifs de la Sécurité sociale).
Certains médicaments « réservés aux hôpitaux » figurent sur deux listes distinctes (hôpital et officine). De cette manière, les patients recevant des soins à domicile et qui vont chercher leur médicament dans une pharmacie hospitalière peuvent être remboursés.

CATEGORIE : medicament-et-bon-usage

Comment s’y retrouve-t-on dans les multiples noms des médicaments ?

Comment s’y retrouve-t-on dans les multiples noms des médicaments ?


La dénomination commune internationale (DCI) permet aux patients et aux soignants du monde entier de s’y retrouver malgré les multiples noms commerciaux. La DCI est le nom de la substance active (la molécule) contenue dans le médicament et internationalement reconnue. Rien qu’en France, il existe plus de 8 000 noms de marques pour seulement 1 700 DCI ! C’est l’OMS qui a mis en place le programme DCI. L’objectif est de mettre au point, pour chaque substance employée, une dénomination spécifique, reconnaissable et prononçable dans tous les pays du monde.
Les médicaments sont divisés en différents groupes selon l’organe (rein, cœur…) ou le système (système nerveux, système respiratoire…) sur lequel ils agissent et/ou leurs caractéristiques thérapeutiques (diurétiques…) et chimiques.

 

Comment sont élaborées les DCI ?


Les DCI sont élaborées par un nom de longueur limitée, utilisé dans le domaine public (pour le médicament générique). Les DCI incorporent souvent des « segments clés » permettant de reconnaître les substances d’un même groupe pharmacologique et/ou chimique. Les segments clés sont des suffixes, préfixes et groupes syllabiques (segments intermédiaires).
Ainsi, le suffixe « olol » est par exemple commun aux bêtabloquants (aténolol, propranolol…) employés en cardiologie.
Le suffixe « azépam » est commun aux benzodiazépines (diazépam, tétrazépam…) employées comme anxiolytiques ou comme hypnotiques (1). 


Quelles sont les directives générales pour la formation des DCI ?


Les DCI se distinguent les unes des autres par leur consonance et leur orthographe. La DCI doit, si possible, indiquer sa parenté pharmacologique. Celles qui évoquent des considérations anatomiques, physiologiques, pathologiques ou thérapeutiques sont évitées. Pour simplifier la traduction et la prononciation des DCI, la lettre « f » est utilisée à la place de « ph », « t » à la place de « th », « e » à la place de « æ » ou « œ » et « i » à la place de « y » ; l’usage des lettres « h » et « k » est évité.

 

Comment sont classés les médicaments ?


Le système de classification anatomique, thérapeutique et chimique (ATC) est utilisé pour classer les médicaments selon l’organe ou le système sur lequel ils agissent et/ou selon leurs caractéristiques thérapeutiques et chimiques. C’est le « Collaborating Centre for Drug Statistics Methodology » de l’OMS qui le contrôle.
Les médicaments sont aussi classés en « familles thérapeutiques », c’est-à-dire en grands principes d’action thérapeutique.
Par exemple, les antalgiques (paracétamol, ibuprofène, aspirine…) sont des médicaments contre la douleur qui agissent chacun de façon différente, mais dans le même but de diminuer la douleur.
Les antiinfectieux sont d’une même famille qui comprend les antifongiques (contre les champignons), les antibiotiques (activité bactériostatique et/ou bactéricide) et les antiviraux (contre les virus).
Par esprit de simplification, ces familles ont été rattachées à une spécialité médicale : par exemple l’infectiologie pour les traitements précités. Toutefois, une spécialité médicale peut faire appel à des médicaments d’une autre spécialité dans un but précis. Par exemple, un cardiologue peut diminuer la tension artérielle due au stress avec des « anxiolytiques », médicaments relevant pourtant de la spécialité psychiatrique.


Pourquoi y a-t-il autant de formes de médicaments ?

Pourquoi y a-t-il autant de formes de médicaments ?


Les formes de médicaments sont nombreuses car il existe différentes voies d’administration des médicaments : la voie orale (par la bouche) est la plus utilisée (80 % des médicaments), les voies parentérale (par piqûre – injection), rectale, vaginale, transcutanée, inhalée, et ophtalmique viennent ensuite.
Le principe actif, c’est-à-dire la molécule active (paracétamol, insuline…) ne pouvant être administré seul, on lui ajoute des excipients (lactose, cellulose, eau, huile…) qui n’ont pas d’activité thérapeutique mais qui permettent sa mise en forme particulière selon sa voie d’administration.

 

Qu’est-ce que la galénique ?


La pharmacie galénique est une discipline pharmaceutique qui permet de transformer une molécule active en un médicament administrable au patient.
Le terme galénique vient de Galien, médecin de l’empereur Marc-Aurèle, au IIe siècle de notre ère. Il laissa un grand nombre de manuscrits contenant les formulations des remèdes qu’il prescrivait. À la fin de leurs études, les médecins prêtent le serment d’Hippocrate et les pharmaciens prêtent le serment de Galien.

 

Quelle est l’importance de la galénique dans un médicament ?


Le but de la galénique est d’assurer la stabilité du principe actif, faciliter son administration, optimiser son efficacité thérapeutique, améliorer sa conservation, diminuer sa toxicité, favoriser le suivi correct du traitement (observance).
Les formes orales (ou per os = par la bouche, en latin) dominent le marché pharmaceutique : en tête, les comprimés et les gélules, mais aussi les capsules, les granulés, les sirops, les poudres, les gouttes…
Les cachets, les pilules, et les potions ont disparu. Le nom (erroné) de « pilule contraceptive » s’applique en réalité à un comprimé.
Les formes parentérales (para « enteron » — du grec cette fois-ci — signifie ne passant pas par le tube digestif) sont indispensables quand le principe actif est détruit par le tube digestif. Ce sont les préparations injectables, les préparations pour perfusions, les vaccins et depuis peu les implants : par exemple les implants contraceptifs.
Les formes inhalées (respirées) sont les nébuliseurs, les inhalateurs de plus en plus sophistiqués qui ont remplacé les vieilles fumigations…
Les formes vaginales sont les ovules, les capsules et récemment les anneaux contraceptifs.
Les formes rectales sont les suppositoires, les capsules et les lavements.
Les formes ophtalmiques sont les collyres, les pommades, les gels…
La voie transcutanée comporte les pommades, les gels, les émulsions, les crèmes, et, de plus en plus utilisé, le dispositif transdermique appelé « patch » en anglais ou timbre en français : par exemple le patch à la nicotine utilisé dans le sevrage tabagique.

 

La galénique n’est-elle pas un effet marketing ?


Non. Les progrès galéniques accomplis sont considérables sur le plan thérapeutique. Grâce à eux :
1) on contrôle la libération du principe actif avec les formes à libération prolongée (LP), ce qui signifie par exemple pour le malade un comprimé par jour au lieu de trois ;
2) la régularité du traitement et la réponse thérapeutique ont été améliorées, par exemple avec les patchs et les implants ;
3) le confort du malade est pris en compte : par exemple les comprimés orodispersibles pour les personnes ayant des problèmes de déglutition ; les stylos à insuline quasi indolores ; les patchs informatisés antalgiques pour gérer soi-même sa douleur ;
4) bientôt des molécules actives seront véhiculées sous forme de liposomes ou de nanosphères directement et quasi exclusivement jusque dans les cellules malades.

CATEGORIE : medicament-et-bon-usage

Interaction : de quoi parle-t-on ?

Interaction : de quoi parle-t-on ?


L’action des médicaments vis-à-vis de l’organisme peut varier, en fonction de l’âge, des états pathologiques, du poids etc. mais aussi de certains nutriments contenus dans des aliments. Négligés, ces risques d’interactions entre aliments et médicaments sont pourtant nombreux, d’où la mise au point récente de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).

 

On parle d’interaction médicament/aliment lorsqu’un aliment exerce une action négative sur un médicament, les deux peuvent alors réagir chimiquement ou entrer en compétition vis-à-vis des récepteurs des médicaments.

 

Quel est l’enjeu des interactions aliments/médicaments ?


Si, dans la majorité des cas, les interactions aliments/médicaments n’ont pas d’effet significatif, quelques aliments ont cependant un impact sur les médicaments en diminuant théoriquement leur efficacité ou en augmentant leur toxicité. La plupart n'entraîne cependant pas de modification des effets thérapeutiques.

 

En pratique, les habitudes alimentaires des Français, standardisées et équilibrées, ne leur font pas encourir de risque majeur.

 

Quels sont les mécanismes de ces interactions ?


Les mécanismes d'interaction aliments/médicaments impliqués sont variables. Le plus souvent, il s’agit d’interaction dites pharmacocinétiques, c’est à dire entraînant une modification des concentrations sanguines du médicament. C’est surtout dans les cas où les variations de concentrations dépassent 30% que des conséquences sont possibles.

 

Par exemple, la formation de complexes insolubles médicament/aliment est responsable d’une diminution de l’absorption des médicaments et/ou des nutriments.

 

La nature du régime (riche ou pauvre en graisses) peut aussi influencer la résorption, c’est à dire le passage dans la circulation sanguine. Les modifications de concentrations sanguines s’expliquent aussi par des interactions :


- au niveau des enzymes responsables du métabolisme des médicaments (les cytochromes P450 hépatiques et intestinaux)
- ou des transporteurs permettant aux médicaments et/ou aux nutriments de pénétrer dans les cellules ou d’en sortir.


D’autres interactions peuvent aussi se produire - dénommées pharmacodynamiques - au niveau des récepteurs cellulaires de la réponse pharmacologique.


En vedette : le foie, l’intestin et les cytochromes P450…

 
La quantité de médicament présent dans la circulation générale dépend de la quantité absorbée par l'épithélium digestif mais aussi des processus d'élimination. Le médicament est dégradé dans l’intestin, métabolisé dans les cellules de l’intestin (les entérocytes) et du foie, puis diffusé dans ces deux organes. Avant d’être distribué dans tout le corps.


Le métabolisme fait référence à la transformation du médicament en un ou plusieurs composés par une réaction enzymatique. Les sites de biotransformation sont le foie ainsi que l’intestin, et les éléments-clé de ce système enzymatique sont les cytochromes P450 aux multiples sous-familles appelées des isoenzymes. D’où l’importance des aliments qui agissent sur les cytochromes CYP450, soit en les activant, soit en les inhibant.

 
Il existe des différences entre les individus, à cause de la variété (polymorphisme) génétique des isoenzymes P450 (ou isoformes).

 

L’intensité des interactions peut - théoriquement - varier d’un individu à l’autre.

Interaction entre médicaments et aliments
Conseils pratiques

 

 

Deux interactions à connaître

 

1. Gare aux aliments riches en vitamine K


Les brassicacées (choux, brocolis, épinards …), l’avocat, le persil, la laitue, le thé vert et les abats regorgent de vitamine K. Ils sont donc à consommer avec parcimonie (pas plus d’une portion "raisonnable" quotidienne, en limitant les variations soudaine de consommation) si l’on prend en même temps des médicaments anticoagulants oraux (antivitamines K au long cours) pour fluidifier le sang.

 
En diminuant l’efficacité des anticoagulants, ces aliments font courir le risque de thrombose.

 

2. Attention aux agrumes


Le jus de pamplemousse, celui des oranges de Séville et des tangelos contient deux flavonoïdes (naringine et naringenine) qui inhibent :


- une isoenzyme de cytochrome P450, le CYP3A4, très impliqué dans le métabolisme de nombreux médicaments,
- et une protéine intestinale (la p-glycoprotéine).

 

a - Cette inhibition provoque l’augmentation des concentrations sanguine de médicaments tels que la ciclosporine (immunosuppresseur utilisé contre les rejets de greffe) avec un risque de dommages rénaux.
A noter : un verre de jus de pamplemousse triple les niveaux de ciclosporine

 

b - Elle augmente aussi le niveau sanguin de certaines statines utilisées pour abaisser le cholestérol sanguin : simvastatine, atorvastatine dans une moindre mesure. Le risque de  provoquer une atteinte musculaire profonde à cause des agrumes reste cependant théorique chez les personnes traitées. En général il s’agit de simples douleurs musculaires. De même le risque  d’insuffisance rénale grave par interaction pamplemousse/statine reste théorique.

 
A noter : Un jus de pamplemousse pris en même temps que la simvastatine peut multiplier par 15 l’absorption du médicament.

 

c - La concentration plasmatique de certains antihypertenseurs inhibiteurs calciques peut aussi s’élever (felodipine, nisoldipine par exemple) avec un risque d’hypotension principalement.


A noter : Un verre de jus de pamplemousse augmente le pic plasmatique de la félodipine d'en moyenne 300 %, de la nisoldipine d'en moyenne 500 %.

 

d - Un verre de jus de pamplemousse peut augmenter :


- les niveaux de terfénadine (antihistaminique) de 450 %.
- les niveaux d'éthinylestradiol (estrogène des pilules contraceptives),
- de midazolam (benzodiazépine : psycholeptique, sédative)
- de l'agent antiviral saquinavir.

 

De plus, les agrumes (citron, pamplemousse, orange) doivent être évités avec les anti-inflammatoires ou l'aspirine, sous peine de majorer voire de déclencher des brûlures d'estomac ou des reflux acides.

 

Trois conseils en pratique


1- éviter de boire un jus de pamplemousse dans les deux heures qui précèdent la prise de médicaments,

 
2- limiter sa consommation à moins d’un quart de litre par jour,

 
3- avaler ses anti-inflammatoires au milieu du repas.


CATEGORIE : medicament-et-bon-usage


De quoi parle-t-on ? De quoi s’agit-il ?

De quoi parle-t-on ? De quoi s’agit-il ? 


La glande thyroïde est une glande de quelques grammes située à la base du cou. Elle sécrète des hormones essentielles au métabolisme et à la croissance, régulant aussi de nombreuses fonctions de l’organisme.
Il existe plusieurs types de maladie thyroïdienne et de nombreux traitements correspondants, de la simple surveillance d’un nodule thyroïdien à la chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie pour un cancer, en passant par les médicaments pour réguler le fonctionnement (traitements hormonaux substitutifs en cas de carence en hormones thyroïdiennes, traitements freinateurs…).


Quels sont les risques et les enjeux sanitaires ?

 

Les maladies thyroïdiennes touchent environ 200 millions de personnes dans le monde et la plupart des troubles thyroïdiens peuvent être traités. Les troubles thyroïdiens atteignent de 1 à 5 % de la population et sont beaucoup plus fréquents chez la femme que chez l’homme.
Plus de 8 000 nouveaux cas de cancer de la thyroïde sont découverts chaque année en France, dont les trois quarts chez la femme, et les traitements aboutissent à 90 % de guérison.


Quels sont les mécanismes ?

 

À chaque maladie thyroïdienne correspondent un mécanisme et un traitement différents. L’hypothyroïdie est une baisse de l’activité de la thyroïde, et l’hyperthyroïdie une hausse de son activité. Les traitements visent à traiter les causes de ce dysfonctionnement d’activité et peuvent aussi remplacer les hormones thyroïdiennes en cas de déficience de production. Une des pathologies courantes est représentée par les nodules thyroïdiens. Ces nodules, seuls ou multiples (on parle alors de goître multinodulaire), nécessitent un examen approfondi pour envisager leur traitement ; la plupart sont bénins et le traitement se résume principalement à les surveiller. Si le nodule grossit, une chirurgie peut être envisagée.

Traitement de la thyroïde - Prévention


Comment cela se manifeste-t-il ? 

 

Les symptômes sont ceux des maladies thyroïdiennes. L’hypothyroïdie par exemple se manifeste par un rythme cardiaque plus lent, une fatigue importante (on parle d’asthénie), une sensibilité au froid, un ralentissement intellectuel avec des troubles de la mémoire. Un goître (augmentation du volume de la glande thyroïde) peut être présent.
En cas d’hyperthyroïdie, les symptômes sont au contraire un rythme cardiaque accéléré, des tremblements, une perte de poids avec un appétit conservé voire augmenté, des diarrhées fréquentes et une intolérance à la chaleur, des troubles de l'humeur. Le goître peut aussi être présent, ainsi que des modifications oculaires (maladie de Basedow).
Bien sûr, l’absence de symptômes, du moins au début d’une pathologie thyroïdienne, est toujours possible, notamment dans le cas des nodules thyroïdiens.


Avec quoi ne faut-il pas confondre ?

 

Il ne faut pas confondre nodule thyroïdien et cancer thyroïdien car les conséquences et les traitements sont radicalement différents. En revanche, il est impératif, devant tout nodule, d’éliminer par une consultation médicale et des examens complémentaires, la possibilité d’un nodule cancéreux.


Y a-t-il une prévention possible ? 

 

Il n’existe aucune prévention des maladies de la thyroïde.
Certains traitements nécessitent en revanche des recommandations particulières. Le traitement par hormones thyroïdiennes requiert par exemple un traitement et un suivi à vie. Des adaptations de posologies sont souvent nécessaires, notamment lors d’un stress intense, d’une infection ou d’une maladie qui peuvent faire augmenter les besoins en hormones thyroïdiennes. De même, en cas de grossesse, les traitements de la thyroïde doivent être adaptés et parfois modifiés. Discutez-en avec votre médecin.

traitement de la thyroïde - Consultation

À quel moment consulter ?

 

Devant tout symptôme, il est impératif de consulter un médecin qui jugera de l’opportunité de pratiquer des examens complémentaires. Le dosage de TSH (thyroid stimulating hormone) dans le sang permettra par exemple de déterminer le fonctionnement de la glande thyroïde. Des examens d’imagerie complèteront le bilan (scintigraphie thyroïdienne, échographie) et déterminer si, en cas de nodule, une cytoponction, c’est-à-dire un prélèvement de cellules thyroïdiennes, est nécessaire.


Que fait le médecin ?

 

Le médecin généraliste et/ou l'endocrinologue confirme tout d’abord les symptômes et les met en rapport avec une anomalie de fonctionnement de la thyroïde. Il prescrit les examens de laboratoire (TSH, hormones thyroïdiennes T3 et T4, anticorps si besoin…), d’imagerie (échographie, scintigraphie pour établir une cartographie de la glande) et propose une biopsie éventuelle (ponction à l'aiguille fine).
En fonction du diagnostic retenu, le médecin prescrit le traitement adapté.
En cas d’hypothyroïdie, trois grandes causes sont souvent retrouvées :
- la maladie de Hashimoto, maladie auto-immune avec inflammation de la thyroïde dont le traitement repose sur l’aspirine ou les anti-inflammatoires pour réduire l’inflammation ;
– les conséquences d’un traitement de la maladie de Basedow-Graves (forme d’hyperthyroïdie) par l’iode radioactif ou une chirurgie, ou encore l’ablation chirurgicale de la glande (traitement d’un cancer) ; le traitement repose sur la substitution par des hormones thyroïdiennes ;
– l’hypothyroïdie congénitale chez l’enfant né sans thyroïde ou dont la glande fonctionne mal et dont le traitement quotidien consiste à prendre des comprimés d’hormones thyroïdiennes administrés à vie.
En cas de nodules thyroïdiens, le traitement se résume à une simple surveillance si les examens complémentaires sont rassurants. Si le nodule grossit, la cytoponction peut être répétée et une chirurgie envisagée. Le traitement chirurgical est réservé aux patients qui présentent des nodules volumineux et/ou gênants, ou suspects de cancer.
Enfin, en cas d’hyperfonctionnement de la thyroïde (hyperthyroïdie), plusieurs options thérapeutiques sont possibles : traitement par iode radioactif, médicaments antithyroïdiens ou encore chirurgie (on parle de thyroïdectomie).


Comment préparer ma prochaine consultation ?

 

Il est indispensable de suivre les consignes de son médecin, notamment dans le cadre de la surveillance d’un nodule thyroïdien ou d’un suivi de traitement. Le dosage de la TSH permet de vérifier le bon fonctionnement de la glande thyroïde (régulation des hormones) ou l’adaptation d’un traitement. En cas de symptômes d’hypo ou d’hyperthyroïdie, une consultation s’impose pour éventuellement adapter le traitement, ou dépister une évolution de la maladie.

 

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De quoi parle-t-on ? De quoi s’agit-il ?

De quoi parle-t-on ? De quoi s’agit-il ?


Les bronchodilatateurs sont des médicaments destinés à améliorer les difficultés respiratoires chez les patients présentant une obstruction des bronches : broncho-pneumopathie chronique obstructive ou BPCO, asthme

 

Ils sont le plus souvent administrés par voie inhalée, car cette voie d’administration a le meilleur rapport efficacité/tolérance.
La principale propriété des bronchodilatateurs est de dilater les bronches, ce qui favorise le passage de l’air dans les poumons.

On distingue deux classes de principaux bronchodilatateurs inhalés selon leur mode d’action : les bêta-2-mimétiques (agonistes ou stimulants) et les anticholinergiques. Les deux existent sous forme de courte et longue durée d'action.

 

Quels sont les risques et les enjeux sanitaires ?


L'asthme touche en France plus de 3 millions de personnes, et est responsable de plus de 600 000 hospitalisations.

La BPCO quant à elle concerne 2,5 millions de personnes, et représente la cinquième cause de mortalité dans le monde. Le tabac est le principal facteur déclenchant la BPCO.

 

Quels sont les mécanismes ?


Lors de la respiration, l’air passe dans les bronches pour regagner les poumons. En cas d’asthme ou de BPCO, le diamètre des bronches se rétrécit et gêne le passage de l’air, diminuant ainsi les capacités d’oxygénation de l’organisme jusqu’à une véritable détresse respiratoire (on parle de dyspnée avec des sifflements à l'expiration).
Les bronchodilatateurs agissent sur les bronches et les dilatent directement ou indirectement :


– les bêta-2-mimétiques, agissent en favorisant le relâchement de la musculature bronchique,
– les anticholinergiques agissent au niveau des récepteurs des muscles bronchiques.
Les bronchodilatateurs à court délai d’action, ou à « soulagement rapide », font effet en quelques minutes, et sont indiqués en cas de crise.

 

 

Comment cela se manifeste-t-il ?


Lorsque les bronches se contractent et s’obstruent, une gêne respiratoire est ressentie. L'asthmatique éprouve des difficultés à inspirer et à expirer l'air contenu dans ses poumons.


La crise d’asthme débute de façon souvent brutale, souvent le soir ou en deuxième partie de nuit, avec apparition de difficultés respiratoires et sensation d’étouffement. L’expiration pour vider l’air des poumons est difficile et bruyante, sous forme de sifflements. Des quintes de toux et des crachats sont parfois possibles.


La BPCO est définie par une toux avec crachats (expectoration) depuis plusieurs mois, au moins trois mois par an, pendant au moins deux ans : on parle de bronchite chronique. À un stade plus évolué, d’autres symptômes existent, comme l’emphysème avec destruction irréversible des alvéoles pulmonaires ; l’essoufflement survient d’abord à l’effort, puis lors d’efforts de plus en plus anodins.

 

Avec quoi ne faut-il pas confondre ?


Asthme et broncho-pneumopathie chronique obstructive sont deux maladies respiratoires se traduisant par un essoufflement et nécessitant des bronchodilatateurs. Certains symptômes respiratoires peuvent en revanche traduire une maladie cardiaque. L’asthme cardiaque par exemple se manifeste par une dyspnée, simulant une crise d’asthme, mais en rapport avec une insuffisance cardiaque. Le traitement bronchodilatateur serait dans ce cas inefficace.

 

Les bronchodilatateurs
Conseils pratiques

Y a-t-il une prévention possible ?


Comme pour toute pathologie respiratoire, la prévention essentielle repose sur l’arrêt du tabac, y compris le tabagisme passif, et l’éviction des agents néfastes pour les bronches et les poumons : agents toxiques, pollution, allergènes en cas d’asthme allergique…
Une alimentation équilibrée, une réduction du poids en cas d’excès pondéral, aident également à diminuer les effets respiratoires, et les vaccinations sont largement conseillées (antigrippale, antipneumococcique).

 

 

À quel moment consulter ?


Le plus souvent, la dyspnée de l’asthmatique ou du patient BPCO est réversible sous traitement bronchodilatateur, mais certains critères de gravité doivent être recherchés, et imposent l’appel aux secours médicalisés urgents (SAMU Centre 15) : difficulté à parler, respiration superficielle très rapide ou au contraire très lente par épuisement, coloration bleutée des lèvres (cyanose), inefficacité du traitement bronchodilatateur.
Dans tous les cas, un suivi pneumologique est nécessaire pour vérifier la stabilité de la maladie.

 

Que fait le médecin ?


Le médecin traitant puis le pneumologue doivent d’abord poser l’indication des bronchodilatateurs.

Pour cela, l’interrogatoire (tabagisme, nombres et circonstances des crises…), l’examen clinique et des examens complémentaires (radiographies, scanner, épreuves fonctionnelles respiratoires, échographie cardiaque…) sont effectués.


En fonction du stade de la maladie, des bronchodilatateurs d’action rapide peuvent être prescrits, pour une utilisation à la demande en cas de crise. Pour un stade plus évolué, des bronchodilatateurs d’action longue sont ajoutés, parfois en complément d’autres médicaments (corticoïdes, oxygène…).


Pour une efficacité maximale, les bronchodilatateurs inhalés doivent être utilisés correctement. L’appareil est à agiter avant emploi, l’air des poumons est expiré avant d’ouvrir la bouche et d’introduire l’embout du nébulisateur. Il faut ensuite appuyer sur l’appareil, prendre une forte inspiration et bloquer la respiration pendant dix secondes si possible.

 

 

 

Comment préparer ma prochaine consultation ?


Le nombre de crises et les besoins en bronchodilatateurs doivent être consignés dans un carnet, pour suivre l’évolution de la maladie et l’efficacité du traitement, avant la prochaine consultation.


De même, les effets secondaires devront être signalés : palpitations cardiaques, difficultés à dormir, crampes, tremblements pour les bêta-2-mimétiques, et bouche sèche et difficulté à uriner pour les anticholinergiques.

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De quoi parle-t-on ? De quoi s’agit-il ?

De quoi parle-t-on ? De quoi s’agit-il ? 

 

Les inhalateurs sont utilisés pour traiter plusieurs maladies pulmonaires, comme l'asthme et la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive). Ces inhalateurs permettent de diffuser les principes actifs des médicaments au plus près de l’arbre respiratoire par voie dite inhalée. L’efficacité de ces inhalateurs dépend cependant d’une utilisation correcte : mal utilisés, ces inhalateurs ou aérosols-doseurs sont inefficaces, notamment chez l’enfant mais aussi chez l’adulte (mauvaise coordination mains-poumons et dépôt du médicament dans la gorge au lieu des poumons). L’éducation thérapeutique à propos du geste est fondamentale.

 

Quels sont les risques et les enjeux sanitaires ?

 

Les inhalateurs sont principalement utilisés dans l’asthme, qui représente une pathologie fréquente et constitue un enjeu de santé publique : environ 1 000 décès chaque année, 3,3 millions de personnes âgées de 5 à 44 ans traitées par des médicaments antiasthmatiques, dont 900 000 de façon régulière.


Plus de 1 patient sur 4 souffre d’un asthme insuffisamment contrôlé.

La maîtrise du maniement des dispositifs d’inhalation est fondamentale pour améliorer l’observance et l’efficacité thérapeutique des traitements.

 

Quels sont les mécanismes ?

 

L’asthme, maladie chronique, est lié à une inflammation des bronches qui conduisent l’air et à un rétrécissement de leur diamètre. Il se manifeste par des crises aiguës avec difficultés respiratoires. Dans bien des cas, un traitement régulier dit de fond est nécessaire, même entre les crises. Les médicaments qui facilitent la respiration et réduisent l’inflammation se prennent pour la plupart par inhalation, pour agir plus rapidement avec le moins d’effets indésirables possible.


Deux catégories de médicaments existent pour contrôler les symptômes de l’asthme : les médicaments de crise doivent être pris en cas de symptômes ; les médicaments de fond constituent quant à eux le traitement de contrôle et permettent de diminuer l’inflammation des bronches et d’espacer les crises.

 

Inhalateurs - Prévention

Comment cela se manifeste-t-il ?

 

Il existe différents types d’inhalateurs. Les dispositifs d’inhalation les plus courants comportent :
– les aérosols-doseurs à utiliser avec ou sans chambre d’inhalation ;
– les dispositifs à poudre sèche (inhalateurs de poudre) ;
– les aérosols autodéclenchés ;
– les nébuliseurs et aérosols (non traités ici car nécessitant un matériel lourd).


Avant l’âge de 8 ans, la coordination entre les mains et la respiration n’est pas possible, et l’utilisation des inhalateurs doit se faire grâce à une chambre d’inhalation dans laquelle l’enfant respire normalement.

 

Avec quoi ne faut-il pas confondre ?

 

Il ne faut pas confondre les différents inhalateurs (aérosols doseurs, inhalateurs de poudre sèche et nébuliseurs), qui ont chacun un mode d’utilisation particulier. Votre médecin et votre pharmacien peuvent expliquer les bons gestes.


De même, certains médicaments administrés par inhalateurs doivent être pris tous les jours, c’est-à-dire y compris entre les crises, alors que d’autres sont réservés au traitement de la crise. Il ne faut pas les confondre.

 

Y a-t-il une prévention possible ?

 

L’allergie joue un rôle majeur dans l’asthme. Il convient donc d’éliminer les substances susceptibles de déclencher les crises : limiter les allergènes de la maison (housses plastiques « antiacariens » pour matelas et oreillers, lavage régulier de la literie, aération des chambres et éviction des moquettes et descentes de lit), éviter les animaux domestiques (chats), ne pas tondre le gazon en période pollinique, privilégier les espèces moins allergisantes (bannir thuyas, bouleaux et cyprès).

 

L’arrêt du tabac est également un impératif, y compris dans l’entourage en raison du tabagisme passif. Les vaccinations contre la grippe et le pneumocoque peuvent être proposées par le médecin.


Enfin, le traitement notamment de fond doit être pris régulièrement entre les crises.

Inhalateurs - Consultation

À quel moment consulter ?

 

Une prise en charge médicale par le médecin traitant et/ou le médecin spécialiste (pneumologue) est indispensable dès la première crise pour rechercher la cause, évaluer la gravité et prévenir les récidives. En cas de crise et en l’absence d’amélioration rapide sous traitement (plusieurs bouffées d’inhalateurs inefficaces), il est urgent d’appeler le SAMU-Centre 15.

 

Que fait le médecin ?

 

Le médecin pose le diagnostic d’asthme (interrogatoire, examen clinique, recherche d’autres diagnostics), propose un traitement de fond et/ou de la crise (des bronchodilatateurs comme la Ventoline®) et surveille l’évolution de la maladie. Des explorations respiratoires comme la spirométrie évalueront annuellement par exemple la gravité de l’obstruction, et des tests allergologiques pourront être proposés pour identifier des éléments allergisants à éviter.
Votre médecin et votre pharmacien vous expliqueront également le mode d’utilisation des inhalateurs. Par exemple, les aérosols-doseurs, qui sont les inhalateurs les plus courants, doivent être secoués avant usage et l’aérosol doit être tenu verticalement. Après avoir agité l’appareil et enlevé le capuchon, le patient devra expirer pour vider ses poumons, présenter l’embout buccal à l’entrée de la bouche, le fond de la cartouche métallique dirigé vers le haut, et inspirer lentement et profondément par la bouche tout en déclenchant l’aérosol afin de diffuser le médicament. Puis il retirera l’embout buccal de sa bouche, il fermera la bouche et retiendra sa respiration entre 5 à 10 secondes avant de souffler. Une minute après, le patient pourra prendre une nouvelle bouffée pour dilater les bronchioles les plus distales. L’embout buccal de l’appareil doit être nettoyé après emploi.


Comment préparer ma prochaine consultation ?

 

Entre deux consultations, l’asthmatique dispose d’un moyen simple pour évaluer sa capacité respiratoire : le débitmètre de pointe ou peak-flow. Simple et peu coûteux (vendu en pharmacie), le débitmètre doit être utilisé régulièrement en dehors des crises, avant/après traitement et également au moment des crises. Les valeurs mesurées sont à reporter à chaque utilisation sur un carnet et guideront le médecin.


Les valeurs normales dépendent de l’âge, du sexe et du poids : chez la femme entre 400 et 500 l/min, et chez l’homme entre 500 et 700 l/min.


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Comment préparer ma prochaine consultation ? Définition du médicament Les antihistaminiques sont des médicaments permettant de réduire ou de neutraliser les effets de l’histamine. Il en existe princ

Définition du médicament


Les antihistaminiques sont des médicaments permettant de réduire ou de neutraliser les effets de l’histamine. Il en existe principalement deux types aux effets différents : les antihistaminiques H1 sont antiallergiques ; les antihistaminiques H2 sont des antiulcéreux gastriques.


L'histamine est un médiateur chimique (substance de l’organisme sécrétée par une cellule et capable d’entraîner une réponse de cette cellule) libéré notamment au cours des réactions allergiques. En bloquant son action sur les récepteurs à l'histamine, les antihistaminiques réduisent les symptômes allergiques.

 

Risques des antihistaminiques


Aujourd’hui, le nombre d’allergies est en constante augmentation dans les pays industrialisés. L'OMS (Organisation mondiale de la santé) classe les maladies allergiques au quatrième rang mondial des affections, et considère que ces pathologies représentent « un problème majeur de santé publique ». L’allergie atteint toutes les tranches d’âge, mais touche en particulier les plus jeunes. Les allergies respiratoires sont les plus fréquentes, puisqu’on estime qu'environ une personne sur quatre présente des symptômes cliniques d'allergie respiratoire. (1)

 

Mécanismes du traitement


Les antihistaminiques bloquent un médiateur chimique fondamental pour que la réaction allergique se produise : l’histamine.


Les antihistaminiques dits H1 se fixent sur les récepteurs H1 et inhibent d'une manière compétitive les effets H1 de l'histamine, et plus particulièrement l'effet dilatateur sur les vaisseaux sanguins. Ainsi, ils empêchent les réactions œdémateuses.

Antihistaminiques - Prévention

Comment cela se manifeste-t-il ?

 

Les manifestations allergiques sont variées et peuvent se dérouler en même temps ou se succéder dans la vie de l'allergique. Les antihistaminiques H1 sont indiqués pour le traitement symptomatique (ils ne traitent pas la cause) des rhinites allergiques saisonnières comme le rhume des foins (nez bouché, qui coule, éternuements…), de l’urticaire ou encore de la conjonctivite allergique.


D’autres indications existent pour les antihistaminiques et sont liées aux autres propriétés de ces médicaments, comme l’effet anti-mal des transports (effet antinaupathique) ou l’effet sédatif en cas d’anxiété ou d’insomnies.

 

Avec quoi ne faut-il pas confondre ?

 

Il ne faut pas confondre les antihistaminiques H1 et H2. Les cibles pharmacologiques de ces médicaments sont différentes : les premiers visent les récepteurs H1 et luttent contre les phénomènes allergiques ; les seconds sont utilisés pour diminuer l’acidité gastrique car ils agissent sur les récepteurs H2 principalement situés au niveau de la muqueuse gastrique.


De même, il ne faut pas penser que les antihistaminiques agissent sur la cause de l’allergie ; ils ne sont qu’un traitement symptomatique, contrairement par exemple à la désensibilisation.

 

Y a-t-il une prévention possible ?

 

La suppression des allergènes en cause constitue la meilleure prévention des allergies. Pour l’allergie aux acariens, mieux vaut modérer la température de la chambre (18-19 °C maximum), l'aérer régulièrement, éviter les moquettes et autres « nids à poussière » (rideaux, tapis), utiliser des housses « antiacariens » pour matelas, oreillers, couettes et traversins.


Pour les allergies aux pollens, éviter les pique-niques et les promenades pendant les périodes de pollinisation (printemps, été), ne pas tondre le gazon ni être présent pendant la tonte.
Certains antihistaminiques comportent quant à eux des contre-indications (lire la notice) comme l’hypertrophie prostatique, le glaucome ou la myasthénie.


La somnolence est un effet indésirable surtout fréquent pour les anciennes molécules (première génération) mais doit être prise en compte en cas de conduite de véhicule ou de métiers ou activités à risque.

Antihistaminiques - Consultation

À quel moment consulter ?

 

Certains symptômes doivent être traités en urgence, comme l’œdème de Quincke ou le choc anaphylactique (ou allergique). Difficultés respiratoires, œdème généralisé, modifications de la voix sont des signaux d’alerte nécessitant l’appel au SAMU-Centre 15.

 

Que fait le médecin ?

 

En fonction de la gravité et de la fréquence des symptômes allergiques, le médecin traitant voire l’allergologue peuvent être amenés à prescrire des antihistaminiques.


Une identification de l'allergène (ou des allergènes) en cause est également souhaitable par différents tests (prick-tests ou tests cutanés, prise de sang, tests de reproduction…).


Les traitements comportent d’abord l’éviction de l’allergène. Les médicaments antihistaminiques, sur prescription ou en vente libre (pharmacies) luttent contre les symptômes allergiques. Il convient de bien lire la notice et d’en respecter les contre-indications, les posologies et de prendre en compte les effets indésirables.

 

Comment préparer ma prochaine consultation ?

 

Les antihistaminiques sont en général bien tolérés. Cependant, des effets tels que céphalées, troubles digestifs voire réactions allergiques paradoxales sont possibles. Parlez-en avec votre médecin ou pharmacien.


En cas de symptômes invalidants avec nécessité d’augmenter les doses d’antihistaminiques, une enquête allergologique voire une désensibilisation seront envisagées.

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