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Hypertension artérielle Préparer sa consultation

Définition de l’hypertension artérielle


L’hypertension artérielle (ou HTA) est définie par l’élévation de la pression exercée par le sang sur la paroi des artères. Cette pression artérielle est caractérisée par 2 chiffres (ex : 130/70), le premier (maximum) correspondant à la pression contemporaine de la contraction cardiaque (systolique) et le second (minimum) correspond à la pression de relaxation cardiaque entre 2 battements (diastolique). L’unité de mesure est le mm de mercure (mmHg) (ou parfois le cm de mercure : 140/70 mmHg = 14/7 cmHg).


L’hypertension artérielle est définie par des chiffres de pressions artérielles supérieurs ou égaux à 140/90 mmHg mesurés allongé après plusieurs minutes de repos à plusieurs reprises par un brassard placé autour du bras et relié à un manomètre mécanique ou électronique.

 

Risques et Complications de l’hypertension artérielle


A court terme, une hypertension artérielle importante et brutale peut être responsable d’une souffrance aigue des organes tels que le cerveau (Accident Vasculaire Cérébral, Encéphalite hypertensive), le rein (insuffisance rénale aigue) ou le cœur (insuffisance cardiaque, insuffisance coronaire aigue).


Toutefois la plupart des conséquences de l’hypertension artérielle sont à long terme, liés à l’évolution pendant plusieurs années à bas bruit d’une hypertension artérielle non prise en charge. Cette hypertension artérielle va être responsable de dommages sur l’ensemble des artères de l’organisme par rigidification et apparition ou aggravation d’athérome.

C’est en particulier vrai pour les artères du cerveau (responsable d’accident vasculaire cérébraux AVC), du cœur (responsable d’infarctus du myocarde et d’insuffisance cardiaque), et du rein (responsable d’insuffisance rénale chronique), mais toutes les artères sont touchées y compris celles des jambes (artériopathie des membres inférieurs). Cette atteinte de l’ensemble des artères et du cœur est appelée maladie cardiovasculaire, c’est la 2ème cause de décès en France avec 150 000 décès par an (2011)  après les cancers.


Les conséquences de l'hypertension artérielle sont d’autant plus rapides et sévères que celle-ci est importante (chiffres élevés) et qu’elle s’associe à d’autres facteurs de risques cardio-vasculaire comme le diabète, l’hypercholestérolémie (LDL), le tabac, l’obésité, et l’absence d’exercice physique. L’âge, le sexe masculin et les antécédents personnels et familiaux de maladie cardiovasculaire sont également des facteurs de risques.

 

Les causes de l’hypertension artérielle


Dans l’immense majorité des cas, l’hypertension artérielle est dite « essentielle » c’est-à-dire qu’aucune cause n’est retrouvée. Toutefois plusieurs facteurs de risque d’hypertension artériel sont connus comme le surpoids, l’absence d’activité physique ou l’alimentation et en particulier l’excès de sel et le diabète sucré.


Dans environ 10% des cas, l’hypertension artérielle peut être secondaire à une autre maladie. Il peut s’agir d’une maladie du rein et/ des artères rénales (sténose), des glandes surrénales ou de maladies hormonales.
Exceptionnellement, l’hypertension artérielle peut être liée à une mutation génétique unique familiale.

 

Symptômes de l’hypertension artérielle


L’hypertension artérielle est le plus souvent « silencieuse » c’est-à-dire qu’elle ne s’accompagne d’aucun symptôme. Ainsi plus de la moitié des adultes présentant une hypertension artérielle l’ignore. Ceci est un facteur de gravité car pendant le temps que l’hypertension artérielle évolue, elle poursuit ses effets délétères sur les artères et le cœur.


Lorsque l’hypertension artérielle est sévère et/ou brutale, elle peut s’accompagner de maux de tête, de nausées avec ou sans vomissements, de saignement de nez. Des taches noires ou éclairs blancs peuvent survenir dans la vision.
La méthode de référence pour mesurer la pression artérielle est la prise après plusieurs minutes de repos, en position allongée, prise au brassard, aux 2 bras. Actuellement la mesure électronique est privilégiée au domicile et au cabinet médical, avec de préférence un appareil de bras validé plutôt qu’au poignet (SFHTA 2011). Plusieurs mesures successives de la pression artérielle sont nécessaires au diagnostic d’hypertension artérielle.


La pression artérielle varie au cours de la journée, il peut être intéressant d’obtenir une mesure couvrant un temps plus large de façon à mieux refléter les contraintes s’exerçant sur les artères. Pour cela, il est possible de réaliser une mesure de la pression artérielle sur 24 heures (Holter tensionnel) ou de façon standardisée plusieurs fois par jour (MAPA : Mesure automatisée de la Pression Artérielle).


Avec quoi ne faut-il pas confondre une hypertension artérielle ?


La pression artérielle peut dépasser la valeur limite de 140/90 mm de mercure de façon ponctuelle, par exemple à cause de l’émotion que provoque la consultation (hypertension artérielle dite « blouse blanche »). Pour faire la part des choses, le médecin peut demander au patient de prendre sa tension à la maison, grâce à un appareil électronique d’automesure.


En cas d’hypertension « blouse blanche », la pression artérielle s’avère inférieure à 135/85 mmHg à la maison. A domicile sont recommandées, en position assise, trois mesures le matin au petit-déjeuner, trois mesures le soir avant le coucher, trois jours de suite (règle des 3). Les mesures sont espacées de quelques minutes (recommandations 2011 de la Société française d’hypertension artérielle).


On peut surestimer la tension artérielle chez les personnes obèses. Il faut alors la vérifier à l’aide d’un brassard adapté.
Enfin, la vérification du matériel (tensiomètre) est indispensable car l’étalonnage est rarement fait régulièrement auprès du constructeur. Avec pour conséquence éventuelle, une méconnaissance de l’HTA ou une alerte infondée.

 

Y a-t-il une prévention possible de l’HTA ?


Oui. Elle consiste à agir sur les facteurs que l’on peut modifier, c’est-à-dire l’hygiène de vie : manger plus équilibré, limiter sa consommation de sel, de matières grasses et d’alcool, pratiquer une activité physique régulière, contrôler son poids, arrêter le tabac.

 

Ces bonnes habitudes sont primordiales chez ceux qui ont une prédisposition génétique à l’hypertension, c’est-à-dire les personnes dont le père et/ou la mère ont une hypertension artérielle, surtout si elle est apparue avant l’âge de 50 ans


A quel moment consulter ?


Compte tenu de l’absence habituelle de symptôme de l’HTA, il convient de la rechercher systématiquement à chaque consultation médicale et de façon régulière après 50 ans.
En cas de présence d’un des symptômes cités au-dessus, il est nécessaire de consulter dans les meilleurs délais son médecin afin de mettre en place un traitement rapide et adapté.

 

Que fait le médecin ?


Le premier « traitement » de l’hypertension artériel est celui de la  prise en charge des facteurs de risque d’HTA. Cela consiste notamment en une consommation en sel modérée, l’absence de tabac, un régime pauvre en matières grasses, une activité physique régulière et un contrôle du diabète le cas échéant.


L’application de ces règles avant l’apparition d’hypertension artérielle peut permettre d’éviter ou de retarder l’HTA.
Si ces règles hygiéno-diététiques sont insuffisantes, il est nécessaire de recourir à un traitement antihypertenseur. Plusieurs classes de médicaments antihypertenseurs existent. Parmi ces classes, il faut citer les diurétiques qui favorisent l’élimination du sel par une action sur les reins, les béta-bloquants qui ralentissent la fréquence cardiaque, les inhibiteurs calciques qui augmentent le calibre des artères, les IEC et ARA2 qui bloquent un système augmentant la pression artérielle et enfin les antihypertenseurs centraux qui joue sur la dilatation des vaisseaux sanguins.
Ces classes peuvent être associées pour obtenir un meilleur contrôle tensionnel.


 

Hypertension Artérielle : l’essentiel

 

- Maladie chronique très fréquente et fréquence augmente avec l’âge
- Maladie pourvoyeuse de complications cardiovasculaires graves : AVC, infarctus, insuffisance cardiaque et rénale, …
- Maladie cardiovasculaire = 2ème cause de décès en France (150.000 / an)
- Maladie silencieuse, passe souvent inaperçue : importance du dépistage systématique
- Facteurs de risque et de progression de l’HTA : Tabac, diabète sucré, consommation excessive de sel, hypercholestérolémie, manque d’exercice physique, surpoids
- Absence de cause retrouvée dans la plupart des cas : HTA essentielle.
- Traitement : passe par la correction des facteurs de risque +++ et si insuffisant traitement antihypertenseurs.
- Importance de la prévention de l’HTA : prise en charge des facteurs de risque avant l’apparition de l’HTA
- Les antihypertenseurs : plusieurs classes de médicaments qui peuvent être associés pour obtenir un contrôle tensionnel correct.
- La surveillance de la tension est essentiel : au cabinet médical et à domicile avec une automesure tensionnelle.