Séropositivité à VIH : définition

Séropositivité à VIH : définition

La séropositivité à VIH traduit un résultat positif à un test de dépistage du VIH, et donc l’infection par un des deux types de virus de l’immunodéficience humaine ou VIH (HIV en anglais). Ces deux types de virus (VIH 1 et 2) s’attaquent au système immunitaire de l’organisme, et notamment aux globules blancs, les lymphocytes T4 ou CD4, chargés de le défendre. L’organisme contaminé développe des anticorps pour tenter de se protéger : ce sont ces anticorps qui sont détectés lors d’un dépistage.

Aux premiers stades de l’infection, le sujet ne présente pas de symptômes : il est uniquement séropositif au VIH, sans développer de maladie ; à un stade plus tardif, quand le système immunitaire s’affaiblit, infections opportunistes et cancers se développent et définissent la maladie sida (syndrome de l’immunodéficience acquise).

 

Séropositivité à VIH : risques et enjeux sanitaires

Le nombre de personnes dans le monde vivant avec le VIH est estimé à 39,5 millions dont plus de 4 millions d’adultes et d’enfants ayant contracté l’infection dans l’année, en 2006. Dans de nombreuses régions du monde, les nouvelles infections
à VIH sont largement concentrées parmi les jeunes (15-24 ans)  et 67 %
des personnes séropositives vivent en Afrique subsaharienne, soit 22
millions.

 

En France, il est estimé que 6 300 personnes ont découvert leur séropositivité en 2006
(en diminution depuis 2004), le quart ayant été contaminé dans les six
mois précédant leur dépistage. Malheureusement, beaucoup de personnes
ignorent leur séropositivité faute de dépistage. Depuis mars 2003, les
découvertes de séropositivité à VIH sont obligatoirement déclarées aux
autorités sanitaires.

 

Séropositivité à VIH : causes et origines

Le VIH se transmet à l’occasion de rapports sexuels (anaux ou vaginaux) non protégés par un préservatif ou par voie sanguine (transfusion de sang contaminé, échange de seringues contaminées, accident professionnel…).

Il se transmet aussi de la mère à l’enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement au sein. L’organisme contaminé fabrique des anticorps contre le virus et ce sont ces anticorps qui sont recherchés lors des tests de dépistage (réaction antigèneanticorps).

Il existe cependant une période de quelques semaines (appelée fenêtre sérologique) pendant laquelle l’organisme n’a pas encore eu le temps de fabriquer les anticorps. Les tests se révéleront donc alors faussement négatifs.

 

Symptômes et signes de la séropositivité à VIH

La période de séropositivité au VIH est par définition asymptomatique, c’est-à-dire que le patient ne présente aucun symptôme de la maladie. En revanche, le virus est présent dans le sang et peut être transmis. Les rapports sexuels doivent être protégés.

Il
est essentiel de dépister et traiter précocement dès le stade de
séropositivité pour éviter que la maladie ne progresse vers le stade sida.


Avec quoi ne faut-il pas confondre ?

La
séropositivité au VIH révélée par une prise de sang ne signifie pas
forcément sida. En effet, un patient peut rester des années sans symptômes, avec des défenses immunitaires et des lymphocytes CD4 à un niveau normal : il est séropositif au VIH.

La surveillance de son infection utilise justement le nombre de CD4 et la charge virale (nombre de virus présents).

Il ne faut pas non plus confondre séropositivité et séropositivité au VIH. On peut être séropositif à d’autres virus, c’est-à-dire avoir des anticorps dirigés vers d’autres virus comme les hépatites.

 

Y a-t-il une prévention possible ?

La
prévention est essentielle. Elle consiste à utiliser les préservatifs
lors des rapports sexuels. La pilule contraceptive ou les autres moyens
de contraception ne protègent ni des infections
sexuellement transmissibles, ni du sida. Les préservatifs doivent être
agréés aux normes européennes (marquage CE), et sont vendus en
pharmacies, grandes surfaces… Ils doivent être conservés dans un endroit
sec, à l’abri de la chaleur et de la lumière directe du soleil, et la
date de péremption est à vérifier.

En cas d’accident
d’exposition au sang ou à des liquides biologiques (piqûre avec une
seringue abandonnée…), ou de rapport sexuel non protégé ou mal protégé
(rupture de préservatif), il est indispensable de consulter le plus tôt
possible (et en tout cas dans les 48 premières heures) un service
d’urgence pour mettre en route une trithérapie préventive.

Pour les usagers de drogues intraveineuses, la prévention repose sur l’utilisation de kits stériles.

 

À quel moment consulter ?

Le dépistage est le seul moyen de confirmer ou d’infirmer la séropositivité au VIH. Trop de personnes séropositives au VIH l’ignorent et prennent des risques pour elles (risque de développer des infections opportunistes) et leurs partenaires (contamination si rapports sexuels non protégés).

Il faut donc se faire dépister en cas de comportement à risque (rapport
sexuel non protégé, rupture du préservatif, partage d’aiguille ou de
seringue, blessure avec un objet souillé par du sang contaminé
…) ou avant d’abandonner l’emploi du préservatif avec un partenaire.

 

Le dépistage est anonyme et gratuit dans les centres de dépistage.

 

En
cas de séropositivité connue, une surveillance régulière avec la mesure
des CD4 et de la charge virale permet de prendre en charge à un stade
précoce les complications, voire de les prévenir par un traitement
adapté.

 

Que fait le médecin ?

Le dépistage est une démarche volontaire auprès de son médecin ou d’un médecin exerçant dans un centre de dépistage ; le consentement du patient est obligatoire avant de le réaliser.

Une consultation médicale permet de préciser les risques et de prescrire les tests adaptés à la situation.

Une prise de sang suffit pour réaliser le dépistage (deux tests dits ELISA). En cas de doute ou de résultat positif, une deuxième prise de sang sera nécessaire pour confirmer par un troisième test (western blot).

Une fois le diagnostic affirmé par la présence d’anticorps dirigés contre le VIH, le médecin infectiologue propose un bilan pour déterminer le stade de la maladie et mettre en route un traitement. Les traitements ne guérissent pas de l’infection mais ont essentiellement deux objectifs : lutter contre le virus et prévenir les infections opportunistes. Un suivi médical régulier est indispensable pour adapter les traitements au virus, aux effets secondaires éventuels et à l’évolution de la maladie.

Le traitement du VIH est pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale (affection de longue durée ou ALD).

  

Comment préparer ma prochaine consultation ?

En cas de prise de risque, même minime, il convient de se faire dépister sans attendre et sans tabou. Parlez-en à votre médecin qui vous conseillera sur les autres tests à pratiquer (hépatites…).