Qu’est-ce que la sclérose en plaque (SEP) ?

Qu’est-ce que la sclérose en plaque (SEP) ?

 

La SEP est une maladie inflammatoire chronique auto-immune touchant la moelle épinière et le cerveau. En pratique l’organisme produit des anticorps anormaux et ces derniers vont attaquer différentes parties du système nerveux, en touchant les gaines isolantes des neurones appelées gaines de myéline. De ce fait la conduction nerveuse se fait très difficilement ce qui explique les symptômes constatés.

 

Quelques chiffres

La SEP touche préférentiellement l’adulte jeune avec une nette prédominance féminine (70%). On compte environ 80.000 patients
atteints en France. Il existe une répartition assez particulière de la
SEP au niveau mondial avec des cas plus nombreux dans les pays nordiques par rapport aux pays du sud. Cette différence s’explique en partie par une prédisposition génétique mais également par des facteurs liés à l’environnement (les maladies parasitaires joueraient un rôle protecteur non négligeable).

 

Comment se manifeste la maladie au début ?

 

Il existe 3 modes classiques de révélation de la maladie : soit la personne malade peut ressentir une faiblesse musculaire au niveau d’un membre, voir des deux jambes ; ou encore dans un cas sur cinq on retrouve des sensations d’engourdissement,
de fourmillement, de perte de sensibilité, de douleur là encore
localisées à une partie du corps. Mais dans un tiers des cas la SEP se
révèle par une atteinte de la vision via un phénomène de névrite optique, c’est-à-dire d’inflammation du nerf optique.
Cette atteinte particulière se traduit par des douleurs en périphérie
de l’œil associées à une baisse brutale de la vision sans que l’œil ne
devienne rouge. Cette atteinte de la vision est transitoire avec la
plupart du temps une récupération complète de la vision en 6 mois.

Quels sont les signes cliniques les plus courants ?

En raison du caractère extrêmement varié des régions du cerveau et/ou de la Moelle touchées par la maladie il existe une grande variété des signes cliniques de la SEP : atteinte de la motricité
avec perte de force pouvant aller jusqu’à la paralysie d’un ou
plusieurs membre ou du visage, atteinte de l’équilibre et de la
coordination, vision double, vertiges, perturbation de la sensibilité avec perte de sensibilité et possiblement douleurs localisées, troubles sphinctériens (difficultés à uriner, fuites urinaires, constipation), troubles psychologiques (tendance à la dépression, atteinte des fonctions intellectuelles). Tous ces symptômes s’associent également à une fatigue marquée.


Quelle est l’évolution de la maladie ?

La SEP se caractérise par des atteintes de différentes régions du cerveau et/ou de la moelle épinière,
atteintes qui récupèrent dans le temps, mais pas toujours complètement
et pouvant être responsables de séquelles ou déficit. Selon
l’enchainement dans le temps de ces atteintes il existe différents
profils évolutifs de SEP :

• LA SEP évoluant par poussées isolées, avec des étapes de récupération entre chaque poussée (85% des cas)

• La SEP évoluant d’emblée progressivement, c’est-à-dire sans intervalle de temps entre les différentes poussées

• La SEP évoluant initialement par poussées mais qui devient d’évolution progressive secondairement.

 

Existence de facteurs de risque et facteurs pronostic

L’évolution de la maladie reste imprévisible
avec une fréquence des poussées variables, mais à terme l’évolution
conduit le plus souvent au handicap avec une aggravation croissante. On
considère que la personne atteinte présentera des difficultés à la
marche au bout de 6 ans d’évolution de la maladie, avec une atteinte
franche de l’autonomie à partir de 18 années d’évolution. La durée
moyenne de survie à compter du diagnostic est estimée à 35 ans.

Heureusement
des formes dites bénignes existent et concernent un quart des malades.
Ces formes sont définies par une absence d’invalidité après 15 années
d’évolution de la maladie.