maladie d’Alzheimer

Qu’est ce que la maladie d’Alzheimer (MA) ?

La MA est une affection dégénérative du cerveau responsable d’un état de démence d’installation progressive. La démence correspond à une altération durable des fonctions intellectuelles (mémoire, attention, langage, savoirs, raisonnement, jugement, gestuelle…) et/ou comportementales
(personnalité, émotions, sociabilité…), et cette altération est
suffisamment sévère pour entrainer une altération de l’autonomie dans la
vie quotidienne. Il existe de nombreuses causes de démence, et la MA en
est la cause la plus fréquente (plus de 50% des cas de démence
diagnostiqué).
En pratique la MA est due à une accumulation anormale de plusieurs protéines au niveau de certaines zones du cerveau
en particulier les zones responsables de la mémoire (que l’on appelle
les hippocampes). Ce stockage anormal abouti à terme à la mort
prématurée des neurones
de ces régions cérébrales et donc à leur dysfonctionnement progressif.
La MA n’est donc pas une forme de vieillissement normal du cerveau, il s’agit d’une maladie à part entière.

 

Quelques chiffres

600.000 personnes souffrent de  démences en France,
dont  400.000 sont atteintes par la MA. Il y aurait 110.000 nouveaux
cas par an en France. Le taux de personnes atteintes par la MA augmente
avec l’âge : on considère que 1% de la population de 60 ans présente une MA contre 30% des personnes âgées de 85 ans et plus.
Les femmes seraient plus touchées que les hommes après 70 ans. Ces
chiffres déjà très impressionnants pourraient être amenés à doubler
d’ici 15 ans en raison du vieillissement de la population. On considère
également que la MA reste très sous diagnostiquée avec seulement la
moitié des cas repérés.

 

Existe-t-il des facteurs de risque de développer une MA ?

Le principal facteur de risque de développer une maladie d’Alzheimer est l’âge.
Les autres facteurs de risques sont moindres. On retrouve des facteurs de risque en rapport avec  l’environnement ou liés au mode de vie  (tabac, alimentation trop riche, isolement social, faible niveau d’étude)  mais également des facteurs de risque génétiques (ce qui est rare mais particulièrement vrai pour les formes très précoces de MA, avec un début de la maladie avant 60 ans).

 

Quels sont les principaux signes ?

Il existe différentes phases évolutives dans la MA. La phase initiale est essentiellement marquée par des problèmes de mémoire,
et la personne atteinte reste autonome pour la plupart des gestes de la
vie quotidienne. Ces problèmes de mémoire concernent essentiellement la
capacité à consolider des souvenirs récents : en pratique la personne
malade sera incapable de se rappeler de son emploi du temps des jours
précédents alors qu’elle se rappellera parfaitement bien des souvenirs
anciens. Elle fait également répéter plusieurs fois la même chose à son
entourage car elle n’est plus capable de s’en rappeler. Cet état
s’accompagne le plus souvent d’une forme de non reconnaissance ou de minimisation des troubles, appelée anosognosie en langage médical.

Existe-t-il des traitements ?

A ce jour il n’existe pas encore de traitement qui permettent de guérir de la maladie d’Alzheimer. Le médecin peut toutefois prescrire des médicaments visant à ralentir l’évolution ou compenser en partie l’altération des fonctions cognitives. Ces traitements prennent la forme de comprimés ou de patches. Aux stades évolués les traitements médicamenteux ont pour objectifs de contenir les troubles du comportement.
De façon complémentaire aux médicaments, il ne faut pas négliger les approches non médicamenteuses
: stimulation intellectuelle de la personne malade, soutien
psychologique du malade et de sa famille souvent épuisée par la
situation, aide au maintien des activités habituelles intellectuelles et
sociales du patient, orthophonie.

Des mesures sociales
peuvent également être prise par un assistant social, permettant des
aides à domicile (préparation des médicaments, toilette, portage des
repas). Accessoirement la question de la mise en place d’une mesure de
protection doit être posée (mise sous tutelle) en cas de forte
altération de l’autonomie.

 

Les centres mémoire

Le plan Alzheimer de 2002 a permis la mise en place de centres de dépistage à grande échelle de la MA
au travers de centre mémoire régionaux pour aider au diagnostic précoce
de cette maladie,  améliorer la qualité de vie des personnes atteintes
et soutenir leurs familles. Ces centres ainsi que les centres locaux
d’information et d’accueil sont fait pour l’accueil, l’écoute et l’information. N’hésitez pas à les solliciter si nécessaire.

Comment le médecin fait-il son diagnostic ?

Le seul moyen d’être complètement sur de l’existence d’une maladie d’Alzheimer chez quelqu’un serait de prélever une petite partie de son cerveau pour le faire analyser. Ceci n’est bien entendu pas possible du vivant de la personne.

Les médecins ont donc à leur disposition un certain nombre d’examens qui peuvent très fortement orienter vers une MA selon leurs résultats :
• Les tests de dépistages
: ce sont des tests psychologiques réalisables rapidement au cours
d’une consultation qui permettent au médecin d’évaluer rapidement les
différentes fonctions intellectuelles (mémoire, calcul, raisonnement,
dessin etc…) du patient.
• Le bilan neuro-psychologique
: il s’agit d’un bilan plus long (d’une durée de passation de quelques
heures) réalisé par une psychologue spécialisée qui permet également
d’évaluer les différentes fonctions intellectuelles du patient, mais de
façon plus détaillée.
• L’IRM cérébrale : l’IRM est un examen d’imagerie médicale indolore mais impressionnant,  qui permet d’étudier en détail l’aspect du cerveau
ou tout autre partie du corps humain. Ce dernier en vieillissant
diminue de taille de façon homogène. Si jamais cette diminution de
taille n’est pas homogène, trop précoce, et intéresse plus
spécifiquement les hippocampes (structures cérébrales responsables de la
consolidation des souvenirs), il s’agit d’un argument fort orientant
vers une MA.
• La réalisation d’une prise de sang
complète dont le but est d’écarter un problème de santé autre qui
pourrait être responsable d’une altération des fonctions intellectuelles
(étude du fonctionnement de la thyroïde, du foie, du sang, dosage des
vitamines et dans certains cas recherche du SIDA ou de la syphilis).

 

Quelle est l’évolution habituelle ?

 

La MA est malheureusement une maladie évolutive. Après le stade initial avec des problèmes isolés de mémoire, l’évolution se fait vers un état démentiel au
cours duquel l’autonomie dans les gestes de la vie quotidienne est
compromise (difficultés à faire ses courses, sa toilette, s’habiller,
prendre ses repas, gérer l’argent etc…). A ce stade en plus des
problèmes de mémoire on retrouve une atteinte du langage, de la gestuelle et des savoirs, ainsi que des capacités d’organisation et de planification.
Le
stade ultime de cette maladie est un état de démence sévère où la
dépendance est totale et le plus souvent un placement dans une
institution spécialisée est nécessaire. A ce stade coexistent souvent
des troubles du comportement (agitation, troubles du sommeil). Cette
évolution progressive intervient environ 7 à 8 ans après le début de la
maladie.  

 

 

Biblio :

Collège national enseignants de neurologie : confusion et démences chez le sujet âgé M Sarazin.

Maladie d’Alzheimer. EMC (Elsevier SAS, Paris), Psychiatrie, 37-540-B-30, 2006

HAS : guide médecin ALD : Maladie d’Alzheimer et autre démences, Mai 2009

HAS : actes de prescriptions ALD : Maladie d’Alzheimer et autres démences, actualisation Juillet 2012