Définition de l’anorexie mentale

Définition de l’anorexie mentale

L’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire
qui consiste à limiter volontairement sa nourriture par peur de prendre
du poids et de grossir. Ce n’est pas une perte de l’appétit ou une
diminution de la sensation de faim.
La distorsion de la perception du corps induit une spirale d’amaigrissement illimité : jusqu’à 50 % du poids normal, avec un risque mortel bien présent. Malheureusement une caractéristique de l’anorexie est le déni, qui rend très difficile la prise en charge médicale et psychologique.

 

Origines de l’anorexie

Apanage de la femme (9 cas sur 10), l’anorexie est fréquente chez l’adolescente, dans tous les milieux sociaux. Elle peut devenir chronique et se poursuivre à l’âge adulte (un tiers des cas). De nombreuses anorexiques ont une tendance boulimique, alternant privations et frénésies alimentaires.
On estime de 1 à 2 % le nombre de femmes âgées de 12 à 20 ans touchées par l’anorexie.
De plus, beaucoup de jeunes femmes (20 % selon certaines enquêtes) ont
tendance au jeûne et à la restriction alimentaire sans répondre à tous
les critères de la maladie mentale.

 

Risques de l’anorexie

Outre l’amaigrissement, l’anorexie mentale s’accompagne de complications physiques dues à la privation alimentaire : ostéoporose précoce qui débute 6 mois après le début de la perte de poids (40 % des adolescentes anorexiques), œsophagite (inflammation de l’œsophage due aux vomissements répétés), souffrance cardiaque à l’effort, retard de croissance, troubles sanguins, atteinte rénale et troubles métaboliques.

Cette pathologie met la vie en jeu lorsque l’indice de masse corporelle (IMC) est inférieur à 12 ou 13.
On estime à 10 % la mortalité : la moitié par tentatives de suicide, ce qui représente 15 à 20 % des patientes ; la moitié par cachexie (dénutrition sévère).

Dans un tiers des cas, lorsque l’anorexie
est prise à temps, la guérison est possible avec une reprise de la vie
normale. Dans un tiers des cas, les anorexiques présentent, outre leur trouble alimentaire, d’autres troubles comportementaux, comme les phobies, qui réclament une prise en charge spécifique.

 

Symptômes et signes de l’anorexie mentale

Le
trouble du comportement alimentaire est longtemps caché habilement par
la patiente. Elle peut se faire vomir après un repas ou utiliser des laxatifs (médicaments destinés à accélérer le transit intestinal), des coupe-faim, des hormones thyroïdiennes et des amphétamines.

Quand les signes de maigreur sont manifestes, il est plus facile d’évoquer le diagnostic. L’alternance de périodes d’anorexie et de boulimie est fréquente mais pas immédiatement évocatrice.

L’absence ou disparition des règles (aménorrhée) quelques mois après la restriction alimentaire est un bon symptôme, car toujours présente. Elle s’associe à un refus de la sexualité (et de la féminité).
En contrepartie, on note des symptômes tels, une hyperactivité avec hyperinvestissement intellectuel, et dans 10 % des cas environ une addiction (drogue, médicaments, tabac, alcool). L’appauvrissement des relations sociales s’associe aux troubles de l’humeur (anxiété et dépression) et du sommeil.

Quels sont les mécanismes de l’anorexie ?

Ils
sont multiples, génétiques et environnementaux. La transmission
génétique est forte (autour de 70 %). L’association fréquente à d’autres
troubles mentaux converge vers des anomalies touchant les échanges
neuronaux. De nombreux gènes candidats sont étudiés.

Par-dessus
la vulnérabilité génétique, s’imposent le contexte familial et
l’environnement. D’une part l’histoire personnelle éprouve plus ou moins
la personne, et la pousse ou pas hors de ses capacités d’adaptation aux
événements. D’autre part, toute phase de croissance de l’individu
implique un déséquilibre transitoire : interne dans l’organisme et
externe avec l’environnement.

 

Il est plus ou moins bien
surmonté en fonction des gènes activés à ce moment-là : l’adolescence
est une période à risque à cause des bouleversements nombreux qui s’y
produisent et révèlent les vulnérabilités sous-jacentes. L’explication
psychanalytique évoque un conflit avec la mère, auquel la jeune fille
répond par un refus volontaire de s’alimenter. Ce trouble de la relation
mère-enfant et de la dualité amour-nourriture serait davantage la
conséquence que la cause d’un développement psychique perturbé chez les
filles (voire chez la mère qui peut être une ancienne
anorexique/boulimique).

  

Y a-t-il une prévention possible de l’anorexie ?

Il
n’y en a pas pour l’instant. Cependant, on peut dépister précocement
les premiers troubles alimentaires pour une meilleure prise en charge,
surtout un désamorçage précoce des dégâts familiaux notamment si de
telles situations sont déjà survenues dans la famille.

Quand consulter le médecin ?

Il faut consulter dès qu’apparaissent les premiers signes de l’anorexie : obsession du poids, des aliments ou de leur valeur calorique, refus des repas familiaux, obsession de la minceur, obsession de la prise alimentaire,
besoin de se dépenser physiquement après chaque repas, pesées
fréquentes, et quand ces périodes alternent avec des périodes de boulimie.

Que fait le médecin en cas d’anorexie mentale ?

Outre
l’examen général, le médecin prescrit un bilan sanguin destiné à
apprécier le retentissement biologique (potassium sanguin diminué par
exemple) et hormonal de l’anorexie. Il calcule l’indice de masse corporelle (IMC).
Lorsque celui-ci est inférieur ou égal à 15, il justifie une
hospitalisation en service de médecine ou en milieu spécialisé à cause
du danger immédiat (crise suicidaire, complication médicale grave…).
L’hospitalisation permet notamment la renutrition.

La prise en charge de l’anorexie
mobilise au long cours le médecin traitant, un nutritionniste, un
psychiatre, une équipe de psychologues et la famille, car la maladie
laisse des traces d’autant plus prononcées dans le comportement que la
prise en charge a été tardive.

 

Qu’il y ait ou non
hospitalisation, une prise en charge psychothérapeutique et
psychiatrique de l’anorexique et de sa famille est indispensable.

 

Comment préparer la consultation ?

Il faut noter sur un semainier tous les apports alimentaires de la semaine et présenter la courbe de poids des mois précédents.
Il faut enquêter sur les comportements similaires dans la famille.

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