Arthrose

Définition de l’arthrose

 

L’arthrose correspond à la destruction progressive du cartilage des articulations, commune lors de l’avance en âge (arthrose dégénérative), qui peut aller jusqu’à sa disparition.
La plupart des articulations peuvent être touchées par l’arthrose
mais il s’agit le plus souvent de la colonne vertébrale, des hanches
(coxarthrose), des genoux (gonarthrose) et des mains. Il existe un facteur héréditaire avec une prédisposition génétique familiale plus ou moins marquée.

 

Origines et conséquence de l’arthrose

 

L’arthrose est une maladie dégénérative
très fréquente, qui affecte plus de la moitié des Européens de plus de
65 ans, et 80% d’entre eux au-delà de 75 ans (J. Avouac, Société
Française de Rhumatologie, 2009). Elle n’est pas toujours douloureuse ni
enraidissante : cela ne surviendrait que dans 15 à 20% des cas (Valat,
2008). Les lésions radiographiques ne sont pas de bons témoins de l’état
fonctionnel ; il n’y a pas de « parallélisme anatomo-clinique » comme
l’expliquent les médecins. On peut avoir des images radiographiques
spectaculaires et ne pas ressentir de douleur et/ ou de gêne
fonctionnelle importante. L’inverse est aussi vrai.

 

Dans
le Livre Blanc de la rhumatologie (Société Française de Rhumatologie –
SFR), sa prévalence est estimée autour de 17%, soit entre 9 et 10
millions de Français touchés. L’incidence annuelle de la gonarthrose symptomatique est estimée à 240 pour 100 000 personnes/années, celle de l’arthrose digitale symptomatique à 100 pour 100 000 et celle de la coxarthrose symptomatique à 80 pour 100 000.
Souvent prise « à la légère » car non mortelle, l’arthrose retentit pourtant sur l’autonomie des patients ( ce qui est particulièrement dommageable au grand âge), notamment à cause de l’arthrose des mains. L’évolution dépend aussi de la prise en charge et de l’hygiène de vie qu’on applique précocement.

 

Causes et signes de l’arthrose

 

Le cartilage permet aux extrémités osseuses de glisser les unes sur les autres. Son altération entraîne donc une raideur articulaire voire une ankylose (rigidité douloureuse).

Les
causes de l’altération du cartilage sont dus d’abord au vieillissement
cellulaire « naturel » ; ensuite à un excès de pression locale,
essentiellement par surmenage articulaire (sport, loisir, activité professionnelle…). Le surpoids et l’obésité sont une cause majeure d’arthrose ; ils aggravent les conséquences d’une anomalie anatomique (constitutionnelle, héréditaire ou pas). L’obésité exerce, de plus, une influence hormonale pro-inflammatoire (interleukines).

En dégénérant le cartilage se fragmente ; les débris tombent dans l’articulation, et majorent l’inflammation locale de la synovie
(liquide synovial articulaire qui lubrifie et nourrit le cartilage). La
douleur réduit les mouvements ; les muscles s’atrophient, les tendons
s’enflamment à leur tour, l’articulation s’enraidit. L’os adjacent
réagit en se déformant (ostéophytes ou becs de perroquet) et se
fragilise.
L’arthrose est aggravée par la cristallisation articulaire
de substances comme l’acide urique (goutte), ou les phosphates de
calcium (chondrocalcinose), maladies longtemps silencieuses et souvent
négligées.

 

Symptômes de l’arthrose

 

L’arthrose se manifeste par des poussées douloureuses
qui témoignent de la destruction du cartilage (relargage de substances
inflammatoires, source de la douleur). Elles peuvent survenir seulement
deux ou trois par an ou, au contraire, persister en fond douloureux de
différentes intensités pendant plusieurs années. Il existe des formes très évolutives d’arthrose exigeant une intervention rapide des médecins.
La douleur est le premier symptôme.
Hors des poussées inflammatoires, elle est modérée et mécanique : elle
augmente au cours de la journée. Au cours des poussées, la douleur est
vive dès le matin avec une gêne persistante dans la journée. Des douleurs nocturnes peuvent également survenir. L’inflammation
articulaire peut être assez intense pour aller jusqu’au gonflement avec
rougeur de l’articulation. On est alors dans un tableau d’arthrite.

 

A terme, sans prise en charge, la destruction du cartilage et l’inflammation
locale entraînent des déformations osseuses et une diminution des
capacités motrices. Celles-ci entretiennent l’immobilisme donc la
détérioration articulaire par la persistance des substances
inflammatoires. C’est un cercle vicieux.

Avec quoi ne pas confondre une poussée d’arthrose ?

 

1- Il est parfois difficile de faire la part entre une poussée d’arthrose et une arthrite en poussée, comme la polyarthrite rhumatoïde ou une crise de goutte.

 

2-Les
infections articulaires sont très bruyantes, fébriles et douloureuses ;
ce sont des urgences médicales, car il est difficile de guérir le tissu
osseux avec les traitements disponibles malgré les progrès accomplis.

 

3-D’une
manière générale une douleur et un gonflement articulaire intenses sont
une urgence médicale car ils témoignent de l’intensité de la
destruction d’une articulation. Une articulation détruite ne « repousse »
pas ; il faut donc intervenir pour limiter au  maximum les lésions.

Y a-t-il une prévention possible de l’arthrose?

 

Oui. Elle recule la survenue de déformations et douleurs invalidantes mais n’évite pas totalement la maladie.
Préserver
dès le jeune âge ses articulations en limitant l’excès de pression. 
C’est-à-dire maigrir s’il y a surpoids, notamment pour lutter contre l’arthrose du genou. Eviter de porter des objets lourds, de rester debout longtemps.
Rester
actif car l’exercice régulier et modéré est bénéfique au cartilage, en
limitant les traumatismes sportifs ou du bricolage.
Ménager ses
articulations lors des poussées douloureuses qui signalent une phase
active de destruction articulaire qu’il faut limiter en diminuant les
chocs et pressions.
Utiliser une canne du côté opposé à la jambe douloureuse.
Les
séances de kinésithérapie, hors des poussées douloureuses, sont utiles
pour apprendre et entretenir une bonne hygiène articulaire.
Les cures
thermales sont une aide rééducative avec des effets significatifs sur
la réduction de la douleur et la gêne (Forestier et coll. 2009).

A quel moment consulter ?

 

Dès que vous ressentez des douleurs articulaires, parlez-en à votre médecin pour établir un diagnostic précis et entamer un traitement adéquat.
La prise en charge précoce et adéquate préserve longtemps le capital articulaire, même lorsqu’il existe une prédisposition génétique familiale.

Comment préparer la consultation avec le médecin ? 

 

Faites le point sur le nombre de poussées douloureuses au cours des derniers mois et l’efficacité des médicaments que vous avez pris (l’automédication est fréquente et rarement bien encadrée).
Réfléchissez également au contexte d’apparition de votre douleur (port de charge, activité physique, aucune raison apparente…).
Enfin, évaluez votre niveau d’activité physique et sa possible réduction sournoise par limitation douloureuse des mouvements.

Que fait le médecin ? 

 

Le médecin traitant établit le diagnostic d’arthrose.
Il prescrit généralement des radiographies,
qui donnent des résultats typiques : diminution de l’interligne
articulaire (espace articulaire) lié à l’amincissement du cartilage,
géodes sous le cartilage, ostéophytes…
Hors des poussées inflammatoires, un traitement antalgique
doit maîtriser la douleur pour préserver la mobilité et l’autonomie des
patients. Le paracétamol est recommandé en première intention (3 g
maximum par jour).
Les antiinflammatoires
(AINS) par voie orale ou locale sont prescrits lors des crises
douloureuses, et déconseillés hors de celles-ci. En cas de douleur
intense permanente ou de douleur rebelle, on recourt aux antalgiques
opiacés.

 

Lors de poussées douloureuses, on met l’articulation douloureuse au repos
en évitant de trop la solliciter : une attelle de mains par exemple est
posée transitoirement. Des infiltrations locales de corticoïdes peuvent
être prescrites à ce moment. Elles sont efficaces 1 à 2 mois.
Le lavage articulaire
permet d’éliminer les débris de cartilage tombés dans l’articulation,
mais l’analyse des résultats internationaux ne confirme pas son intérêt
(J. Avouac, communication au Congrès de la SFR, 2008).

En traitement de fond,
des médicaments anti-arthrosiques contribuent à préserver la structure
du cartilage mais leur efficacité est modeste. Ils ont une action
faiblement antalgique à terme, environ deux mois après le début du
traitement.
Un gel lubrifiant peut aussi être injecté dans l’articulation : il s’agit de la visco-supplémentation par l’acide hyaluronique.
Ces injections peuvent être répétées, mais elles comportent des risques
d’infection, comme toutes les injections intra-articulaires.

Lors d’arthroses
évoluées de la hanche et du genou, ne réagissant plus au traitement
médical, un remplacement articulaire par prothèse (articulation
artificielle) est nécessaire pour préserver l’autonomie du patient.
L’intervention chirurgicale s’appelle une arthroplastie. Les plasties
articulaires ont beaucoup bénéficié des progrès techniques. Mais elles
restent des interventions de dernier recours.
Une prise en charge globale précoce évite d’en arriver trop vite, voire jamais, à ce stade chirurgical.

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