Insomnie liée à l’anxiété : Définitions

Insomnie liée à l’anxiété : Définitions

 

L’insomnie désigne divers troubles du sommeil affectant l’endormissement, la qualité du sommeil, sa durée, sa continuité. L’insomnie peut être ponctuelle ou se prolonger sur plusieurs jours ou semaines. L’anxiété
pour sa part se définit comme un sentiment de peur ou d’appréhension
hors de tout événement objectivement dangereux. Cette appréhension d’un
déroulement pénible du présent et de l’avenir peut devenir invalidante
dans la vie quotidienne. Elle est connue pour affecter profondément le
cycle du sommeil.

 

Risques et enjeux sanitaires des troubles de l’insomnie

 

La détérioration de la qualité du sommeil conduit à une fatigue chronique et des troubles de la vigilance. L’insomnie chronique
participe ainsi à la constitution d’une dette de sommeil (heures de
sommeil qui manquent pour être reposé) qui favorise une somnolence dans
la journée, avec des risques accrus d’accidents de la vie quotidienne et
de la circulation. Un accident sur trois sur autoroutes est lié à la
somnolence. Près de la moitié des accidents liés à la somnolence
exposent d’autres personnes (automobilistes, équipes des sociétés
d’autoroutes), de sorte que 1,5 million d’automobilistes somnolents
mettent de nombreuses vies supplémentaires en danger. 28% des
conducteurs ont eu au moins un épisode sévère de somnolence, avec
obligation de s’arrêter (Journal of sleep research 2010, Inrest/CHU de
Bordeaux / INSERM / ASFA).

 

Près d’un tiers des français aurait des troubles du sommeil
avec un impact considérable sur la vie courante selon le rapport du Dr
Jean-Pierre Giordanella (décembre 2006). Trois français sur quatre
souffrent d’insomnie selon une enquête SOFRES citée par l’Institut
national du sommeil et de la Vigilance (INSV). Cette insomnie serait
sévère dans 9% des cas : difficultés d’endormissement,  réveils
nocturnes multiples, réveil précoce. Elle retentit toujours sur la
qualité de la journée avec des symptômes classiques : fatigue, irritabilité, troubles de l’humeur, de la mémoire ou de la concentration.


 

Quelles sont les causes de l’insomnie liés à l’anxiété ?

 

Quand elle est occasionnelle ou transitoire, l’insomnie est liée à un événement particulier ou à un environnement perturbant.
Quand elle est chronique, depuis des mois voire des années, elle est le plus souvent psychologique : l’anxiété, le stress et la dépression sont à l’origine de plus de la moitié des insomnies selon l’Institut national du Sommeil et de la vigilance.

 

Quels sont les symptômes de l’insomnie anxieuse ?

 

Quand
l’insomnie est liée à l’anxiété, elle comporte un état d’hypervigilance
permanent qui ne permet pas un déroulement normal des différentes
phases du sommeil (endormissement, sommeil long profond, sommeil
paradoxal…). Cela conduit à une difficulté d’endormissement et des
éveils nocturnes.
Dans l’insomnie liée à l’anxiété, les difficultés
d’endormissement, les éveils nocturnes plus ou moins nombreux produisent
la sensation, au matin, que le sommeil n’a pas été réparateur.
Si
l’anxiété est liée à un événement stressant ponctuel, l’insomnie est
transitoire, disparaissant peu après que le stress originaire se soit
dissipé. Mais si l’anxiété est chronique,
les troubles du sommeil peuvent se maintenir dans le temps, alimentant
eux-mêmes l’anxiété du fait d’un mal-être et d’une fatigue chronique.

Insomnie et anxiété
Prévention

L’insomnie psychophysiologique est à connaître

 

Représentant
15 à 20% des insomnies, elle apparaît sans cause évidente, généralement
à la suite à une insomnie dont la cause est repérable (intervention
chirurgicale, naissance d’un enfant, stress psychologique important,
travail à horaires décalés…). C’est un conditionnement négatif à
l’insomnie dont les signes sont une activation paradoxale des systèmes d’éveil dès que la personne se met au lit :

– la peur de ne pas dormir
– une tension ou une anxiété au moment du coucher
– des endormissements spontanés lorsque le sommeil n’est pas voulu (devant la télé…)
– l’impossibilité de faire une sieste pour récupérer

 

Avec quoi ne faut-il pas confondre ?

 

Avant
de porter le diagnostic d’insomnie liée à l’anxiété, il convient
d’écarter une pathologie organique sous-jacente comme une
hyperthyroïdie, un épisode maniaque, des apnées du sommeil ou un
syndrome des jambes sans repos…
L’insomnie étant un signe précoce de dépression, c’est le diagnostic le plus proche à distinguer d’une « simple » anxiété.
La
prise d’excitants comme le café, le thé, certains médicaments
(cortisone, vit C) voire l’alcool, après 17h peut causer à elle seule
des troubles du sommeil invalidants.
L’activité physique,
l’hyperactivité intellectuelle ou le surmenage émotionnel (jeux
vidéo…) le soir sont aussi à l’origine de difficultés
d’endormissement.

Enfin il existe de petits et de gros
dormeurs et les besoins en sommeil se réduisent avec l’âge. Pour ne pas
attribuer faussement à l’insomnie un rythme personnel, il suffit
d’évaluer son retentissement sur l’activité et la vigilance diurnes. Si
celles-ci sont perturbées, c’est une véritable insomnie, c’est-à-dire un
manque de sommeil.

Insomnie et anxiété
Préparer sa consultation

A quel moment consulter ?

 

Il
faut consulter quand l’insomnie est rebelle aux tentatives d’y
remédier, comme de se coucher plus tôt ou réduire les excitants nerveux.
Cette
consultation doit intervenir avant la survenue de toute complication ;
comme des troubles importants de la vigilance dans la journée ou une dépression.

 

Comment préparer la consultation avec le médecin ?

 

En
faisant le récapitulatif précis des conditions de survenue de
l’insomnie, des évènements de vie récents qui peuvent être à l’origine
de troubles anxieux et du sommeil, des antécédents de maladies
(thyroïde, douleurs…), et de la manière dont se manifeste l’insomnie
(difficultés d’endormissement, éveils nocturnes…).

 

Que fait le médecin ?

 

Il
interroge sur la manière dont se manifeste l’insomnie, recherche des
causes organiques (maladie physique), des erreurs d’hygiène de vie
corrigibles.
Son examen est complet, à la recherche d’autres symptômes de l’anxiété, comme des palpitations ou des spasmes digestifs.
Si
l’insomnie est très sévère, une hospitalisation courte permet d’établir
un bilan du sommeil dans un laboratoire du sommeil, avec, en
particulier, l’enregistrement de l’activité cérébrale nocturne, appelé «
enregistrement polysomnographique ».

Quand l’anxiété est au premier plan, il la traite en priorité, l’insomnie n’étant qu’un de ses symptômes.
Des
états mixtes anxio-dépressifs sont fréquents ; ils ne sont traités par
médicaments que s’ils sont moyens ou sévère et si la prise en charge
psychologique ne suffit pas, tout comme le contrôle des causes d’anxiété
et de stress (aménagements professionnel et familial par exemple) et/ou
la correction d’une mauvaise hygiène de vie.

C’est en dernier
recours que le médecin prescrit pour une durée limitée des médicaments
pour réduire l’anxiété (anxiolytiques) ou des somnifères pour induire un
nouveau rythme de sommeil.

L’homéopathie peut être tentée. La
phytothérapie et l’aromathérapie font partie des automédications
fréquentes. Attention : les plantes ont de vrais effets pharmacologiques
et leur prise demande à être guidée par un professionnel compétent,
médecin ou pharmacien de préférence.

 

Y a-t-il une prévention possible de l’insomnie par anxiété ?

 

Préserver
son sommeil est primordial en évitant par exemple de travailler la nuit
ou avec des horaires de sommeil très irréguliers. Il faut aussi réduire
le stress et les contrariétés en évitant de se mettre dans des
situations conflictuelles aussi bien au travail que dans la vie privée.
L’esquive ne réduisant pas l’anxiété, bien au contraire, une prise en
charge psychologique (par thérapie cognitivo-comportementale par
exemple) est souhaitable pour faire face efficacement aux circonstances
quotidiennes.

CATEGORIE :  pathologies-et-symptomes

TAG : insomnie, dormir, anxiété, stress