Définition de la bronchite hivernale aiguë

Définition de la bronchite hivernale aiguë

 

La bronchite hivernale aiguë est définie comme une inflammation transitoire des bronches. Les bronches sont les voies aériennes qui conduisent l’air de la trachée
(gorge) jusqu’aux fonds des poumons (alvéoles pulmonaires), où
s’effectue l’échange de gaz entre l’air et le sang : l’oxygène (O2) et
le gaz carbonique (CO2), c’est à dire la respiration.

 

Risques, enjeux sanitaires et traitement d’une bronchite hivernale aiguë

 

La bronchite hivernale aiguë « classique » est une infection virale bénigne. Elle régresse le plus souvent sans traitement en quelques jours chez une personne en bonne santé par ailleurs. Une bronchite hivernale aiguë rend néanmoins les bronches plus sensibles aux autres agressions extérieures, d’abord aux bactéries. Elle aggrave aussi les inflammations bronchiques préexistantes, comme l’asthme. Les asthmatiques bien éduqués prévoient cette aggravation et ajustent leur traitement anti-asthmatique en conséquence.
Le risque de surinfection bactérienne (à pneumocoques notamment) concerne surtout les patients vulnérables dont l’état peut évoluer vers une infection du poumon (pneumonie). Les personnes vulnérables sont celles de plus 65 ans, ou ayant une maladie chronique
pulmonaire (broncho-pneumopathie obstructive, insuffisance
respiratoire) ou cardiaque (infarctus du myocarde, insuffisance
cardiaque), mais aussi les diabétiques et les déficients immunitaires.
Toute aggravation d’une maladie bronchique peut induire une détresse respiratoire mortelle en l’absence d’intervention médicale rapide.

 

Causes et symptômes de la bronchite hivernale aiguë

 

Les bronchites hivernales aiguës sont causées par un virus dans neuf cas sur dix, responsable d’épidémies saisonnières de rhinites (rhume), pharyngites, laryngites, ou de grippe : adénovirus, rhinovirus, virus respiratoire syncitial (VRS), virus influenzae (grippe). Ces virus s’accrochent aux parois des bronches et les infectent, provoquant une réaction de défense inflammatoire avec douleur (irritation qui fait tousser) et gonflement (œdème) qui gêne la respiration. Les cellules produisent plus de mucus pour évacuer les intrus viraux. Ce mucus supplémentaire encombre les bronches ; il faut tousser beaucoup plus pour l’évacuer.
La bronchiolite du nourrisson est une forme particulière de bronchite virale due au virus respiratoire syncitial (VRS). 

 

Les bronchites sont plus rarement dues initialement à des infections bactériennes
:  mycoplasmes ou Chlamidiae, Haemophilus influenzae. Attention
cependant, on voit revenir la Bordetella pertussis, l’agent de la
coqueluche, particulièrement dangereux pour les nourrissons.

Bronchite hivernale aiguë
Prévention

Comment se manifeste la bronchite hivernale aiguë ?

 

Toute commence par une infection des voies aériennes supérieures, a priori banale. Un rhume par exemple, mais qui finit par « descendre » sur les bronches. Se manifeste alors la toux, signe principal de la bronchite hivernale.

 

La bronchite évolue habituellement en deux phases :
– Une  première phase « sèche » qui dure trois à quatre jours, avec une toux sèche et quinteuse. Pénible et douloureuse, elle provoque une sensation de brûlure en arrière du sternum (os plat vertical joignant les côtes vers l’avant). Elle s’accompagne du syndrome grippal, habituel aux virus
: maux de tête, myalgies (douleurs musculaires) et  malaise général
avec peu (38°-38,5 C) ou pas de fièvre. Un essoufflement à l’effort
(dyspnée) est possible ainsi que des sifflements respiratoires, chez
l’enfant en particulier.
–  Une deuxième phase dite « humide » où la toux devient « grasse » et produit des crachats jaunâtres ou verdâtres (mucus avec du pus). Le pus est causé par la destruction des cellules bronchiques infectées avec ou sans bactéries de surinfection. On parle de toux « productive ». Cette phase « humide » évolue en général sur quatre ou cinq jours.

 

Une bronchite peut être associée à une infection des voies nasales (rhinite) de la gorge (pharyngite) ou des cordes vocales (laryngite). C’est un grand motif d’inquiétude pour les patients, alors qu’il s’agit seulement de la généralisation de l’inflammation virale chez une personne généralement fatiguée et en petite forme, et en contexte épidémique.

Avec quoi ne faut-il pas confondre la bronchite hivernale ?

 

Avec une bronchite chronique (qui n’est pas une bronchite hivernale aiguë mal soignée) et avec une coqueluche (épidémies en recrudescence au 21è siècle).
Une bronchite chronique est une pathologie permanente des bronches
définie par une toux grasse avec émissions de crachats chaque matin
pendant trois mois consécutifs sur une période de deux années. Elle
n’est pas la conséquence d’une bronchite aiguë, mais une cause favorisant celle-ci. Elle est souvent liée à un tabagisme important.

 

Y a-t-il une prévention possible de la bronchite hivernale virale ? 

 

Oui.
En évitant les facteurs toxiques bronchiques comme le tabagisme
(tabac et cannabis – toxique pour les cellules bronchiques), et les
atmosphères polluées (microparticules du trafic automobile).
Respecter une hygiène en contexte épidémique saisonnier. Se laver les mains et éviter le contact avec les personnes atteintes : les virus « grippaux » sont tenaces et transmis par contact des mains et gouttelettes de salive lors des éternuements et de la toux.

 

Se faire vacciner contre la grippe n’évite pas les bronchites virales non grippales, mais le vaccin est conseillé aux personnes de 65 ans et plus, celles qui souffrent de maladie chronique pulmonaire, (pneumopathie chronique obstructive), cardiaque ou de diabète. La vaccination est une recommandation professionnelle pour le personnel soignant.

Bronchite hivernale aiguë – Consultation

À quel moment consulter le médecin ? 

 

Quand les symptômes durent (plus de 3 semaines), surtout s’il existe une maladie chronique sous-jacente,
Quand vous avez des difficultés à respirer lorsque vous vous couchez ;
Quand vous crachez du sang ou beaucoup de pus avec un goût désagréable ;
Quand il y a une forte fièvre, une grande fatigue empêchant de vaquer à ses occupations quotidiennes ;
Quand les bronchites se répètent.


Comment préparer la consultation avec le médecin ? 

 

Répertoriez les signes associés à votre toux : fièvre, douleur, obstruction nasale… Vous empêchent-ils de travailler ? Depuis combien de temps en souffrez-vous ?
Il
est important de signaler également à votre médecin si votre toux
grasse produit des crachats striés de sang, en particulier si vous
fumez.

Que fait le médecin ? 

 

Il vérifie qu’il ne s’agit que d’une infection virale hivernale transitoire. Il évalue l’état général et la tolérance à l’infection
virale, qui doit régresser spontanément avec des mesures palliatives
diminuant l’inconfort : médicaments contre la douleur (paracétamol ou
anti-inflammatoires non stéroïdiens), les médicaments améliorant l’expectoration des crachats et apaisant l’inflammation bronchique…

Les antibiotiques ne sont pas nécessaires dans 4 cas sur 5, les bronchites hivernales étant virales épidémiques.
La kinésithérapie
respiratoire est souvent nécessaire chez les nourrissons et les
personnes âgées, qui s’encombrent facilement et s’épuisent à tousser.
Les fumeurs doivent s’arrêter de fumer, autant que faire se peut.
Des tisanes « respiratoires » désinfectantes soulagent et hydratent le patient ; elles incitent au soin de soi, donc à une bonne hygiène respiratoire (sevrage tabagique et cannabique).

CATEGORIE :  pathologies-et-symptomes