Troubles de l’érection : de quoi s’agit-il, qui est concerné ?

Troubles de l’érection : de quoi s’agit-il, qui est concerné ?

 

On parle de troubles de l’érection ou de dysfonction érectile lorsque l’homme ne peut pas obtenir ou maintenir une érection pénienne suffisamment rigide pour obtenir une pénétration
lors d’un rapport sexuel (le terme « impuissance » n’est plus utilisé
en raison de sa connotation négative). On parle de troubles de
l’érection lorsque les troubles se répètent et durent depuis au moins
trois mois.

C’est un trouble sexuel fréquent.

 

Selon
une enquête récente*, 33,5% des hommes ont eu des difficultés
d’érection au cours des 12 derniers mois, dont 2,5% souvent, 14,3%
parfois et 16,7% rarement. La fréquence des troubles augmente à partir
de 40 ans. Entre 50 et 70 ans, près d’un homme sur deux est concerné.

Quelles sont les enjeux pour l’homme et pour le couple ?

 

Les troubles de l’érection n’affectent pas tout le monde de la même manière.

La
situation est hautement subjective. Pour 66% des hommes qui ont parfois
des difficultés d’érection et 40,8% de ceux qui en ont souvent, cela ne
pose de problème ni à eux, ni à leur partenaire*.
Chez certaines
hommes elles entraînent une perte de confiance en soi et une
dévalorisation en un cercle vicieux qui aggrave le problème. La (ou le)
partenaire peut de son côté en éprouver de la frustration, la crainte
d’être moins désirable ou trompé… Autant de motifs de tensions
relationnelles ! Certains couples finissent par éviter la sexualité de
peur de l’échec pénien.
Dans tous les cas il ne faut jamais oublier qu’un trouble de l’érection qui dure peut être le premier signe d’une maladie méconnue, comme l’hypertension ou le diabète.

 

NOTA BENE : les troubles de l’érection ne rendent pas pour autant infertiles, ni incapables d’orgasme ou d’éjaculation (par la masturbation, ou lors de rapports sexuels).

 

Quelles sont les causes des troubles de l’érection pénienne ?

 

Le pénis est un organe creux (corps caverneux) qui doit se remplir de sang pour atteindre la turgescence suffisante pour l’ériger et le rigidifier.

Une fois le pénis rempli de sang, des verrous vasculaires
permettent de maintenir la pression ; mais ils s’ouvrent toujours après
l’orgasme et l’éjaculation du sperme. L’ouverture et la fermeture de
cette tuyauterie sont sous la commande des nerfs du système nerveux
autonome (moelle et cerveau), avec une participation volontaire, variable selon l’entraînement de l’homme.

 

Les facteurs de risque vasculaires (hypertension artérielle, cholestérol, tabac, alcool, obésité, sédentarité) affectent donc la turgescence sanguine du pénis, dans un délai variable selon les individus.

Les troubles neurologiques (paraplégie, maladie de Parkinson, sclérose en plaque) et certaines interventions chirurgicales de la prostate ou de la vessie peuvent altérer la commande nerveuse du remplissage sanguin. Ainsi qu’un déficit en testostérone et certains traitements (neuroleptiques, radiothérapie…).

Bien sûr, toutes les situations perturbant l’état émotionnel
peuvent interférer avec la pulsion nerveuse sexuelle à toutes les
étapes de son déroulement : causes psychologiques (anxiété, stress,
angoisse de la performance sexuelle, dépression,
deuil…) ou relationnelles (conflits de couple, attitude négative de la
partenaire…). Mais la distinction entre le corps et l’esprit est
artificielle ; très souvent les troubles sont liées aux deux : facteurs organiques et psychologiques intriqués.

 

Avec quoi ne faut-il pas confondre ?

 

Un
homme de plus de 50 ans, hypertendu, fumeur, stressé, a beaucoup de
risques de souffrir de troubles de l’érection. Mais il ne faut pas les
confondre avec des modifications sexuelles liées physiologiquement à
l’avance en âge.

Quand on vieillit, une érection correcte exige plus de stimulations sexuelles, elle tarde aussi un peu plus à venir et la rigidité est moindre.

L’éjaculation
précoce – l’éjaculation arrive avant que l’homme ne le veuille – est un
problème différent qui concerne surtout des hommes jeunes, impulsifs,
maîtrisant mal leur outil sexuel. Elle peut coexister cependant avec des
troubles de l’érection.

Troubles de l’érection
informations pratiques

Quand et qui faut-il consulter ?

 

Lorsque les problèmes d’érection dérangent l’homme ou sa partenaire, ou lorsqu’ils se reproduisent régulièrement (même depuis moins de 3 mois), mieux vaut en parler à un médecin.

Le médecin généraliste traitant est le premier interlocuteur.

Il fait un bilan, puis oriente si besoin vers un spécialiste (urologue, endocrinologue, neurologue, psychologue, sexologue).

Le
plus souvent, l’interrogatoire, l’examen clinique et une simple prise
de sang suffisent à trouver la ou les causes du problème
(athérosclérose, dépression, tabagisme…) ; des examens complémentaires plus lourds sont rarement nécessaires.

Quels sont les traitements disponibles ?

 

Hors les maladies causales requérant une prise en charge particulière, les troubles de l’érection sont traitables de plusieurs manières :
psycho/sexothérapie, décisions personnelles utiles, manoeuvres diverses
(injection dans le pénis…), prise ponctuelle de médicaments
spécifiques, etc.

  • Les aphrodisiaques sont formellement
    déconseillés : ils tiennent rarement leurs promesses (produits frelatés,
    charlatanisme), mettent la biodiversité en péril (corne de rhinocéros,
    aile de requin) et ont parfois des effets toxiques (cantharide).
    L’action de la Yohimbine et des « aphrodisiaques » censés augmenter le
    désir n’est pas prouvée scientifiquement.
  • Les médicaments : les
    inhibiteurs de la 5-phosphodiestérase (Viagra®, Cialis®, Lévitra®)
    aident à obtenir ou à maintenir une érection. Agissant seulement avec
    une stimulation sexuelle, ils n’augmentent pas le désir et ne provoquent
    pas d’érection automatique. Le mécanisme d’action du est le même, ils
    se différencient surtout par leur rapidité d’action (entre 25 minutes et
    1 heure) et leur durée d’efficacité (entre 3-4 heures et 36 heures).
    Ils sont efficaces chez 60 à 80% des hommes. Des contre-indications
    existent, il ne faut donc pas les acheter sur Internet, d’autant plus
    qu’on y trouvent très souvent des contre-façons qui ne contiennent
    aucune substance active (voire toxique) ou pas le bon dosage.
  • Les
    injections intra-caverneuses (injections dans le pénis), utilisables en
    cas d’échec ou de contre-indication des traitements oraux, entraînent
    une érection sans qu’une stimulation soit nécessaire.
  • Le système Muse consiste à insérer dans l’orifice pénien un mini-suppositoire (alprostadil) qui déclenche l’érection.
  • Le
    vacuum est une « pompe » placée autour du pénis qui aspire le sang dans
    les corps caverneux et provoque leur rigidité, celle-ci est ensuite
    maintenue par un anneau en caoutchouc placé à la base du pénis (jamais
    plus de 20 minutes).
  • Enfin, la pose d’une prothèse pénienne gonflable ou semi-rigide par chirurgie, est une solution de moins en moins utilisée.

Quand faire appel à un sexologue ou sexothérapeute ?

 

Une
érection n’est l’oeuvre de la volonté, mais celle du corps physique,
des stimulations sexuelles physiologiques (odeur, vue, etc.) et de
l’aptitude à « lâcher prise », c’est-à-dire à s’y abandonner.

Une sexualité satisfaisante fait généralement suite à de bons apprentissages.
Quand l’apprentissage sexuel n’a pas été heureux, il est possible de
rectifier la situation, à condition d’y faire face et de demander de
l’aide.
Des séances de sexothérapie , seul ou de
préférence en couple, peuvent aider à résoudre le problème, surtout s’il
est lié à des facteurs psychologiques, ou une histoire personnelle
scabreuse.

 

D’autres méthodes comme la relaxation, la sophrologie ou l’hypnose peuvent être utilisées.

CATEGORIE : sexualite