De quoi parle-t-on ? De quoi s’agit-il ?

De quoi parle-t-on ? De quoi s’agit-il ? 

 

Les inhalateurs sont utilisés pour traiter plusieurs maladies pulmonaires, comme l’asthme et la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive). Ces inhalateurs
permettent de diffuser les principes actifs des médicaments au plus
près de l’arbre respiratoire par voie dite inhalée. L’efficacité de ces inhalateurs dépend cependant d’une utilisation correcte : mal utilisés, ces inhalateurs
ou aérosols-doseurs sont inefficaces, notamment chez l’enfant mais
aussi chez l’adulte (mauvaise coordination mains-poumons et dépôt du
médicament dans la gorge au lieu des poumons). L’éducation thérapeutique
à propos du geste est fondamentale.

 

Quels sont les risques et les enjeux sanitaires ?

 

Les inhalateurs sont principalement utilisés dans l’asthme, qui représente une pathologie
fréquente et constitue un enjeu de santé publique : environ 1 000 décès
chaque année, 3,3 millions de personnes âgées de 5 à 44 ans traitées
par des médicaments antiasthmatiques, dont 900 000 de façon régulière.

Plus de 1 patient sur 4 souffre d’un asthme insuffisamment contrôlé.

La maîtrise du maniement des dispositifs d’inhalation est fondamentale pour améliorer l’observance et l’efficacité thérapeutique des traitements.

 

Quels sont les mécanismes ?

 

L’asthme, maladie chronique, est lié à une inflammation des bronches qui conduisent l’air et à un rétrécissement de leur diamètre. Il se manifeste par des crises aiguës avec difficultés respiratoires.
Dans bien des cas, un traitement régulier dit de fond est nécessaire,
même entre les crises. Les médicaments qui facilitent la respiration et
réduisent l’inflammation se prennent pour la plupart par inhalation, pour agir plus rapidement avec le moins d’effets indésirables possible.

Deux catégories de médicaments existent pour contrôler les symptômes de l’asthme : les médicaments de crise doivent être pris en cas de symptômes ; les médicaments de fond constituent quant à eux le traitement de contrôle et permettent de diminuer l’inflammation des bronches et d’espacer les crises.

 

Inhalateurs – Prévention

Comment cela se manifeste-t-il ?

 

Il existe différents types d’inhalateurs. Les dispositifs d’inhalation les plus courants comportent :
– les aérosolsdoseurs à utiliser avec ou sans chambre d’inhalation ;
– les dispositifs à poudre sèche (inhalateurs de poudre) ;
– les aérosols autodéclenchés ;
– les nébuliseurs et aérosols (non traités ici car nécessitant un matériel lourd).

Avant
l’âge de 8 ans, la coordination entre les mains et la respiration n’est
pas possible, et l’utilisation des inhalateurs doit se faire grâce à
une chambre d’inhalation dans laquelle l’enfant respire normalement.

 

Avec quoi ne faut-il pas confondre ?

 

Il ne faut pas confondre les différents inhalateurs (aérosols doseurs, inhalateurs de poudre sèche et nébuliseurs), qui ont chacun un mode d’utilisation particulier. Votre médecin et votre pharmacien peuvent expliquer les bons gestes.

De même, certains médicaments administrés par inhalateurs doivent être pris tous les jours, c’est-à-dire y compris entre les crises, alors que d’autres sont réservés au traitement de la crise. Il ne faut pas les confondre.

 

Y a-t-il une prévention possible ?

 

L’allergie joue un rôle majeur dans l’asthme. Il convient donc d’éliminer les substances susceptibles de déclencher les crises : limiter les allergènes
de la maison (housses plastiques « antiacariens » pour matelas et
oreillers, lavage régulier de la literie, aération des chambres et
éviction des moquettes et descentes de lit), éviter les animaux
domestiques (chats), ne pas tondre le gazon en période pollinique,
privilégier les espèces moins allergisantes (bannir thuyas, bouleaux et
cyprès).

 

L’arrêt du tabac est également
un impératif, y compris dans l’entourage en raison du tabagisme passif.
Les vaccinations contre la grippe et le pneumocoque peuvent être
proposées par le médecin.

Enfin, le traitement notamment de fond doit être pris régulièrement entre les crises.

Inhalateurs – Consultation

À quel moment consulter ?

 

Une prise en charge médicale par le médecin traitant et/ou le médecin spécialiste (pneumologue) est indispensable dès la première crise pour rechercher la cause,
évaluer la gravité et prévenir les récidives. En cas de crise et en
l’absence d’amélioration rapide sous traitement (plusieurs bouffées
d’inhalateurs inefficaces), il est urgent d’appeler le SAMU-Centre 15.

 

Que fait le médecin ?

 

Le médecin pose le diagnostic d’asthme
(interrogatoire, examen clinique, recherche d’autres diagnostics),
propose un traitement de fond et/ou de la crise (des bronchodilatateurs
comme la Ventoline®) et surveille l’évolution de la maladie. Des explorations respiratoires comme la spirométrie évalueront annuellement par exemple la gravité de l’obstruction, et des tests allergologiques pourront être proposés pour identifier des éléments allergisants à éviter.
Votre médecin et votre pharmacien vous expliqueront également le mode d’utilisation des inhalateurs. Par exemple, les aérosolsdoseurs, qui sont les inhalateurs
les plus courants, doivent être secoués avant usage et l’aérosol doit
être tenu verticalement. Après avoir agité l’appareil et enlevé le
capuchon, le patient devra expirer pour vider ses poumons, présenter
l’embout buccal à l’entrée de la bouche, le fond de la cartouche
métallique dirigé vers le haut, et inspirer lentement et profondément
par la bouche tout en déclenchant l’aérosol afin de diffuser le
médicament. Puis il retirera l’embout buccal de sa bouche, il fermera la
bouche et retiendra sa respiration entre 5 à 10 secondes avant de
souffler. Une minute après, le patient pourra prendre une nouvelle
bouffée pour dilater les bronchioles les plus distales. L’embout buccal
de l’appareil doit être nettoyé après emploi.

Comment préparer ma prochaine consultation ?

 

Entre deux consultations, l’asthmatique
dispose d’un moyen simple pour évaluer sa capacité respiratoire : le
débitmètre de pointe ou peak-flow. Simple et peu coûteux (vendu en
pharmacie), le débitmètre doit être utilisé régulièrement en dehors des
crises, avant/après traitement et également au moment des crises. Les
valeurs mesurées sont à reporter à chaque utilisation sur un carnet et
guideront le médecin.

Les valeurs normales dépendent de l’âge,
du sexe et du poids : chez la femme entre 400 et 500 l/min, et chez
l’homme entre 500 et 700 l/min.

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