Les verrues cutanées : définition

Les verrues cutanées : définition 

 

Il s’agit de lésions bénignes de la peau, causées par un virus
de la famille des Papillomavirus humains (HPV). Elles siègent souvent
sur les dos des mains et des doigts, ou sur la plante des pieds (verrues
plantaires).

On distingue :

  • les verrues vulgaires en dôme plus ou moins élevé, sur les mains et les doigts le plus souvent ;
  • les verrues plantaires planes mais indurées : formant un clou douloureux dans la plante des pieds ; 
  • les verrues planes, multiples, généralement en traînées de grattage sur la peau du corps, non douloureuses. 
  • les verrues filiformes, petites bourgeons de peau avec un pied, souvent sur le visage.

Ce ne sont pas des infections à transmission sexuelle (bien que la proximité sexuelle favorise la contamination), contrairement aux verrues génitales (condylomes acuminés) qui prolifèrent dans les muqueuses vaginale et vulvaire, et sur le gland masculin.

Risques et conséquences des verrues de la peau 

Selon la Société française de Dermatologie, les verrues cutanées concernent, en France, un individu sur quatre (26%). Les enfants de 5 à 15 ans seraient sujets aux verrues vulgaires pour 50 à 70% d’entre eux et aux verrues plantaires pour 20 à 30%. Moins fréquentes au-delà de 15 ans, elles tendent à revenir après 25 ans.

Les verrues cutanées
ne sont pas dangereuses mais inesthétiques, repoussantes quand elles
sont nombreuses. Elles sont aussi douloureuses à l’occasion, comme les
verrues plantaires qui peuvent entraîner une gêne à la marche. Au
contact d’un ongle (verrues péri-unguéales), elles peuvent le déformer.

Quand
elles apparaissent en grand nombre, elles signalent une baisse profonde
de l’immunité (sida, traitement anti-rejet de greffe) qui nécessite un
bilan, voire une prise en charge spécifique.

Causes et origines des verrues de la peau

 

Les verrues cutanées sont contagieuses. Certaines personnes y sont plus sensibles que les autres. On contracte et dissémine le virus responsable par contact :

– direct (grattage de ses propres verrues, ou contact avec les verrues d’autrui)
– ou indirect (marche sur un sol contaminé par quelqu’un d’autre ou usage d’objets de toilette contaminés).

Deux facteurs favorisent la pénétration cutanée du virus
: la promiscuité physique (partage des affaires de toilette, couchage
dans le même lit), les petites plaies (érosion, coupure), les milieux
chauds et humides (piscines publiques, douches des clubs sportifs…).
Certaines professions sont à plus haut risque pour cette raison :
boucher, vétérinaire, abatteur de volailles, poissonnier.

Des
facteurs psychologiques (déprime, fatigue, choc) influencent leur
apparition, tout comme leur disparition (retour en forme, gaîté), par le
biais d’une variation de l’immunité. De fait, les verrues cutanées sont plus fréquentes chez les immunodéprimés connus : personnes greffées et suivant un traitement anti-rejet, chimiothérapie anti-cancéreuse. Leur apparition en grand nombre est parfois le premier signe d’une infection à VIH, ou d’une aggravation de sida (maladie à VIH).

 

Les verrues cutanées ne sont pas causées par les mêmes virus
que les verrues génitales même s’ils font partie de la même famille,
les papillomavirus. Il n’est pas impossible d’ensemencer une zone
génitale par grattage des verrues cutanées, en particulier chez les enfants qui ne savent pas se contrôler ; la bonne disciple limite cette éventualité.

Verrues cutanées
Prévention

Comment se manifestent les verrues cutanées ?

 

La verrue la plus fréquente (verrue
vulgaire) est une lésion « brun chamois », arrondie, de plusieurs
millimètres de diamètre. Elle apparaît en relief. Sa surface est
hérissée de petites saillies râpeuses au toucher.

 

La verrue
plantaire la plus habituelle (myrmécie) est plane, profonde,
douloureuse à la pression et siège sur les points d’appui du pied. Son
centre est piqueté de points noirs.

 

Les verrues filiformes dites « pédiculées » sont reliées à la peau par une fine attache, et siégent plus souvent au visage.

 

Les verrues
« planes », à peine saillantes, rosées, lisses, vont souvent par «
bataillons » en suivent les traces d’un grattage ou d’un ensemencement
local (gant de toilette). Elles affectent préférentiellement les
enfants.

Avec quoi ne faut-il pas confondre une verrue cutanée ? 

 

Un durillon, une callosité, voire un corps étranger, peuvent donner l’impression d’une verrue plantaire.
La maladie de Bowen peut donner un aspect similaire à celui d’une verrue péri-unguéale.
Le pityriasis versicolor peut donner l’impression de verrues planes, ainsi que le lichen plan.

 

Y a-t-il une prévention possible des verrues cutanées ? 

 

Il
est conseillé de porter des claquettes ou des chaussons en plastique
dans les piscines publiques (vestiaires, douches, pédiluves, autour des
bassins). Et d’éviter l’échange de vêtements déjà portés et d’effets de
toilette.
Ne pas gratter ni tripoter une verrue pour ne pas s’auto-inoculer d’autres verrues ailleurs.
Tout ce qui favorise un bon état de santé général est aussi conseillé.

Verrues cutanées
Préparer sa consultation

À quel moment consulter ? 

 

Il faut consulter sans urgence :
– si l’on n’est pas certain qu’il s’agit d’une verrue,
– si l’on a une verrue douloureuse ou qui ne disparaît pas d’elle-même après quelques mois.

 

Une floraison soudaine mérite une consultation pour vérifier l’absence ou l’aggravation d’une maladie comme le diabète, l’infection à VIH, la tolérance à une chimiothérapie, à un traitement anti-rejet…

Il existe en pharmacie des produits disponibles sans prescription pour traiter soi-même ses verrues. Les diabétiques et les personnes qui souffrent d’une immunodépression doivent demander un avis médical avant de les utiliser.

Que fait le médecin ?

 

Dans
la majorité des cas, il n’a pas besoin d’examens complémentaires pour
confirmer son diagnostic : l’examen clinique suffit. Il choisit un
traitement adapté à la verrue (localisation, type, ancienneté) et à
l’âge du malade. En sachant qu’elle peut y résister, ou réapparaître de
manière imprévisible.

 

On essaie de détruire la verrue :

  •  par un médicament :  (souvent l’acide salicylique) à appliquer sur la
    verrue, en protégeant la peau située autour. Ce traitement est indolore
    mais long (4 à 8 semaines).
  • par le froid (cryothérapie) : le dermatologue applique de l’azote liquide sur la verrue. C’est parfois douloureux. 
  • de façon mécanique : le médecin décape une verrue plantaire avec un bistouri ou une curette, en complément de la cryothérapie ou d’un médicament local. 

D’autres
traitement sont possibles (électrocoagulation, Laser, homéopathie…). Le
médecin peut aussi proposer de ne rien faire, en raison du caractère
bénin des verrues et de la grande fréquence de leur régression spontanée.

 

Certaines
personnes sont réputées capables de faire passer les verrues. Ce don
n’est pas scientifiquement évalué, mais il n’est pas interdit d’y avoir
recours étant donné l’importance de l’état psychologique dans cette
pathologie.

Comment préparer ma consultation ?

 

Il faut noter quand et comment sont apparues et ont évolué les verrues ; et si d’autres verrues sont apparues ailleurs.
Récapituler les médicaments en cours qui peuvent favoriser une baisse immunitaire, ou bien les infections virales transitoires qui ont le même effet (grippe).

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