Qu’est-ce que le diabète ?

Qu’est-ce que le diabète ?

 

Le diabète est une maladie qui est due à une élévation du taux de glucose dans le sang. Le glucose est un sucre (il y en a d’autres comme le fructose, le saccharose, …).

 

Le glucose est l’aliment principal de la plupart des cellules de notre organisme. Le glucose que nous mesurons dans le sang (avec le dosage de la glycémie) est celui que nous mangeons, mais aussi celui que fabrique notre foie à partir de tous nos aliments.

 

Les parois des cellules de l’organisme sont imperméables au glucose. Pour lui permettre de traverser les parois de nos cellules, une hormone est indispensable : c’est l’insuline.

 

L’insuline est fabriquée par le pancréas. Dans le diabète, il y a à la fois une diminution de la production de l’insuline et une mauvaise régulation de sa production.

 

Le diabète de type 1

 

(que l’on appelait autrefois « diabète juvénile » ou « diabète insulinodépendant ») est dû à une production insuffisante d’insuline, souvent de début très rapide. Il touche essentiellement des enfants et des adultes jeunes. Il ne représente que 2% des cas de diabète.

 

Le diabète de type 2

 

(que l’on appelait autrefois « diabète de la maturité » ou « diabète gras ») touche les adultes de plus de 40 ans. Il atteint de plus en plus des personnes jeunes obèses.

 

Le diabète de type 2 est dû à une insuffisance de production de l’insuline, et également à un phénomène appelé « résistance à l’insuline ». Cette dernière est due à la difficulté qu’à l’insuline pour permettre au glucose de pénétrer dans les cellules de l’organisme, lorsque leur paroi est épaissie.

 

L’obésité
est la principale cause de cet épaississement des parois des cellules, à
causer d’une surcharge en graisses. Nous le verrons plus loin, une des
manières les plus efficaces pour diminuer cette résistance à l’insuline est de diminuer la composante grasse de l’organisme, en un mot : maigrir.

 

Cet amaigrissement permet au glucose de mieux pénétrer dans les cellules. Cela entraine  une diminution de la glycémie. Une baisse de 5 à 10% du poids pour une personne obèse peut diminuer de moitié le taux de glycémie après le repas, voire plus, et donc normaliser les glycémies.

Le diabète gestationnel

 

C’est un diabète particulier qui apparaît pendant la grossesse. Il peut disparaître définitivement après la fin de la grossesse. Souvent, un diabète de type 2 apparaît plus tard.

 

Il existe d’autres types de diabète, plus rares, comme le diabète MODY, le diabète LADA, ou des diabètes secondaires à d’autres maladies (maladies du pancréas,
maladies des glandes endocrines, des maladies du foie notamment) ou à
certains médicaments pris de manière prolongée (corticoïdes, certains
diurétiques (médicaments utilisés dans l’hypertension artérielle,
l’insuffisance cardiaque, certains cas d’insuffisance rénale), certains
antipsychotiques, certains immunosuppresseurs).

 

À partir de quels chiffres de glycémie parle-t-on de diabète ?

 

Le diabète est défini par une glycémie à jeun supérieure à 1,26 g/L à 2 reprises ou une glycémie supérieure à 2 g/L à n’importe quelle heure de la journée, et ce, quel que soit l’âge.

Le seuil de 1,26 g/L a été choisi parce que de nombreuses études épidémiologiques ont montré que le risque de complications du diabète augmentait significativement à partir de cette valeur.

 

L’anomalie de la tolérance au glucose se définit par des glycémies à jeun entre 1,10g/L et 1,26 g/L. C’est un état « pré-diabétique », qui évolue souvent en moins de 10 ans vers le diabète.

 

Cette évolution peut être évitée par une maitrise du poids grâce à une diététique adaptée et une activité physique régulière .

Connaître le diabète

Pourquoi faut-il s’occuper de son diabète ?

 

Dans le diabète de type 2, au début de la maladie, les glycémies
élevées ne s’accompagnent habituellement d’aucun symptôme. Elles
peuvent se traduire par une soif importante une envie d’uriner
fréquemment, et parfois par une fatigue ou une vue troublée.

 

Mais après une période d’environ une dizaine d’années pendant lesquelles la personne peut ne rien ressentir, l’élévation de la glycémie peut entrainer des complications.

 

Ces complications peuvent toucher de nombreux organes :

 

Les yeux, notamment la rétine (il s’agit de la rétinopathie diabétique, avec des risques d’hémorragie et de perte de la vision).

Les
artères, notamment les artères du cœur avec un risque d’infarctus du
myocarde, des artères du cerveau avec un risque d’accident vasculaire
cérébral qui peut entraîner par exemple une hémiplégie, les artères des
membres inférieurs avec un risque d’artérite, voire d’amputation.

Les reins, avec une insuffisance rénale chronique menant à la dialyse (rein artificiel)

Les nerfs,
avec une neuropathie (perte de la sensibilité ou au contraire douleurs
permanentes, notamment au niveau des pieds), des troubles de la
sexualité avec des difficultés d’érection…

Les pieds, avec le risque de plaie chronique du pied, en raison des atteintes artérielles et nerveuses, avec un risque d’amputation.
Toutes ces complications peuvent être évitées avec un contrôle rigoureux de la glycémie.

 

Quels sont les autres troubles associés au diabète et quels sont les autres risques de maladies cardio-vasculaires ?

 

 

Que le diabète
soit un facteur de risque de maladie cardiovasculaire ne veut pas dire
que tous les diabétiques feront une maladie cardiovasculaire (75% n’en
feront pas). Mais le risque est très augmenté par rapport à la
population non diabétique.

 

De nombreuses études ont montré que ce risque est multiplié par 2 à 3 par rapport à des personnes non diabétiques.

 

Ce risque est d’autant plus élevé que le diabète
est souvent associé à d’autres facteurs de risque de ces maladies. Ce
sont l’hypertension artérielle, les dyslipidémies (augmentation du taux
de cholestérol et de triglycérides), l’obésité, la sédentarité.

 

Le tabac est par ailleurs un autre risque majeur de maladies cardiovasculaires.

 

Tout ceci explique que pour un diabétique, il est essentiel de faire tout ce qui est possible pour agir sur le tabac, l’activité physique, le poids, le cholestérol. Nous vous donnons rendez-vous dans le chapitre « traitement » pour en voir les modalités.

 

Qu’est-ce que l’hémoglobine glyquée ?

 

 

(Appelée également hémoglobine glycosylée ou HbA1c)

 

Lorsque la glycémie est mesurée lors d’une prise de sang, le résultat de l’analyse ne donne que sa valeur au moment du prélèvement. La glycémie varie selon les moments de la journée.

 

Chez les personnes non diabétiques,
elle varie peu, et les taux avant et après les repas sont peu
différents. Chez les personnes diabétiques, elle est souvent élevée à
jeun (plus de 1,26 g/L).

 

Après les repas, elle peut atteindre des chiffres plus élevés. La mesure de l’hémoglobine glyquée traduit mieux l’évolution du taux moyen de glycémie dans le sang sur une longue période et permet de mieux adapter le traitement.

 

 > Une prise de sang pour évaluer l’équilibre du diabète pendant les 3 mois qui la précédent

 

L’hémoglobine est le pigment rouge des globules rouges. Elle sert essentiellement au transport de l’oxygène et du gaz carbonique dans le sang.

 

Mais une fraction de l’hémoglobine peut se charger en sucre, c’est la fraction HbA1c. Plus le taux de sucre dans le sang est élevé, plus l’hémoglobine glyquée est élevée.

 

Comme la durée de vie des globules rouges est de 2 à 3 mois, la mesure de l’hémoglobine glyquée permet d’avoir une appréciation du taux moyen de la glycémie dans le sang pendant les 2 à 3 mois qui la précédent.

 

Ce taux est inférieur à 6% chez une personne non diabétique. Nous verrons dans le chapitre traitement les valeurs recommandées chez la personne diabétique.

Savoir s’occuper de son diabète

Comment savons-nous ce qui est efficace pour éviter les complications du diabète ?

 

Le diabète est une maladie
connue depuis l’antiquité (les égyptiens avaient déjà fait des
descriptions des symptômes de cette maladie), mais ce n’est que depuis
une cinquantaine d’années que la connaissance des stratégies de prise en
charge de la maladie a progressé grâce à des études scientifiques de
grande ampleur, sur une durée importante.

 

Une des études emblématiques est l’étude UKPDS
(United Kingdom Prospective Diabetes Study) qui a suivi pendant 10 ans
3867 patients, pour lesquels un traitement hypoglycémiant « intensif » a été comparé à un traitement « moins intensif ».

 

C’est dans le groupe «traitement intensif » que les complications du diabète
ont été moins fréquentes. Dans le groupe « traitement intensif », la
moyenne des hémoglobines glyquées était de 7%, contre 7,9% dans le
groupe « traitement moins intensif ».

 

Par la suite, de
nombreuses études ont suivi, utilisant pour la plupart la comparaison 
de traitements entre deux ou plus groupes de patients tirés au sort (et
volontaires).

 

C’est grâce à ces études que nos connaissances sur le diabète et sur son traitement évoluent constamment.

 

C’est
ainsi que nos savoirs s’affinent sur l’efficacité des différents
traitements médicamenteux et non médicamenteux, et, dans une certaine
mesure, des taux d’hémoglobine glyquée « idéaux ».

 

Depuis UKPDS, des études sont venues préciser la place de la diététique, de l’activité physique, des antidiabétiques oraux ou injectables et de l’insuline

 

Pourquoi est-il important de s’occuper de son diabète ?

 

L’appréciation de l’équilibre du diabète repose essentiellement sur le taux d’hémoglobine glyquée.

 

L’étude UKPDS avait montré que les complications du diabète sont moins fréquentes lorsque l’hémoglobine glyquée est plutôt aux alentours de 7 % que de 8%

 

Le suivi dans le temps des diabétiques inclus dans cette étude a montré aussi que la prise en charge précoce du diabète limitait les complications tardives, comme s’il existait un « effet mémoire » des glycémies initiales élevées.

 

D’autres études ont cherché à préciser les taux d’hémoglobine glyquée optimum.

 

Aujourd’hui,
nous pouvons dire que cet optimum est à 7%. Dans certains cas,
notamment en cas de rétinopathie diabétique, il peut être nécessaire que
les taux soient plus bas, aux alentours de 6,5% ou 6%.

 

Dans tous les cas, il faut éviter les baisses rapides de la glycémie (les hypoglycémies,) qui peuvent augmenter le risque de maladie coronarienne.

 

Le taux idéal de votre hémoglobine glyquée est une valeur personnelle, qui n’est pas la même pour chaque diabétique.

 

Ce
taux « souhaitable » est fixé par rapport à l’âge, aux complications
éventuellement existantes, au risque d’hypoglycémies, à la tolérance du
traitement et au confort de vie.

 

C’est votre médecin traitant qui vous proposera la valeur d’hémoglobine glyquée optimale pour vous. Nous le verrons plus loin, ce sont les traitements non médicamenteux, c’est-à-dire une diététique équilibrée et une activité physique régulière, qui, au début de la maladie, apportent le plus d’avantages sur la glycémie, et le moins d’effets secondaires.

 

Par contre, diététiques et activité physique nécessitent des efforts réguliers pour lesquels la motivation est essentielle.

 

 

> S’occuper de son diabète,
c’est tout mettre en œuvre pour éviter des complications. C’est
maintenir son taux d’hémoglobine glyquée aux valeurs qui ont été
décidées avec son médecin.


 

Comment s’occuper de son diabète

 

C’est :

 

– Suivre ses traitements, qu’ils soient non médicamenteux ou médicamenteux pour limiter l’élévation de la glycémie ;

– Faire son suivi régulier chez son médecin traitant et réaliser les bilans qui sont recommandés ;

– Se former à la prise en charge de son diabète, parce que c’est tous les jours, à tous les repas, et entre tous les repas que le diabète
se gère. Votre médecin n’est pas avec vous toute la journée. C’est donc
à vous de prendre au quotidien les mesures qui permettent l’équilibre
de votre diabète ;

– Prendre en charge son diabète, se prendre en charge, c’est développer ses compétences de patient sur tout ce qui concerne sa maladie.

 

 > C’est aussi former son entourage, notamment en ce qui concerne le style de vie nécessaire à un bon équilibre du diabète (la diététique et l’activité physique).

 

 > C’est retrouver des plaisirs simples au niveau alimentaire
(de bons plats ne sont pas nécessairement gras et « riches »), de se
retrouver « léger » après un bon repas plutôt que somnolent.

 

> C’est aussi retrouver du plaisir à avoir une activité physique
simple (marcher, faire du vélo, jardiner par exemple). Ce sont des
petits plaisirs de la vie, c’est de la confiance en soi, une nouvelle
façon de vivre sa vie et des plaisirs simples.

CATEGORIE : vivre-avec