Listériose de la femme enceinte : de quoi parle-t-on ?

Listériose de la femme enceinte : de quoi parle-t-on ?

 

 

La listériose est une infection provoquée par une bactérie, la Listeria monocytogenes. Chez la plupart des individus en bonne santé, la listériose passe inaperçue ; elle entraîne parfois un syndrome grippal (fièvres, céphalées) et plus rarement une gastroentérite.

 

En revanche, chez les sujets dont le système immunitaire est déficient, chez les personnes de plus de 60 ans, les symptômes cliniques peuvent être plus graves (bactériémies, septicémies, méningites), entraînant une hospitalisation quasi systématique.

Chez la femme enceinte, la listériose, parfois inapparente, complique la grossesse et provoque des atteintes du fœtus allant jusqu’à sa mort in utero.
C’est une maladie à déclaration obligatoire.

Listériose de la grossesse : quels sont les enjeux sanitaires ?

 

Tout le monde peut contracter la listériose, d’autant plus qu’il n’existe pas d’immunisation durable, contrairement à la toxoplasmose : le fait d’avoir eu une listériose n’immunise pas contre une nouvelle infection. Les porteurs sains existent, ils excrètent la bactérie mais ne sont pas malades. Bactérie
peu dangereuse pour l’adulte en bonne santé, la maladie reste rare –
moins de 4 cas par million d’habitants en France – elle est néanmoins
mortelle dans 20 à 30% des cas (chiffres Institut Pasteur, Paris).

L’incidence en population générale rapportée par le réseau Epidémiologique EPIBAC des infections
invasives à Listeria monocytogenes a augmenté en 2009 (0,60 cas pour
100 000) par rapport à 2008 (0,46 cas pour 100 000) (p<10-2) et
revient ainsi au niveau observé en 2007 (0,53 cas pour 100 000) (p=0,2).

Le
nombre total de cas maternels et nouveaux-nés a été de 43 en 2010
(chiffres InVS) ; dont 4 morts fœtales et 10 morts-nés. Soir 5,2 cas
pour 100 000 naissances. Ces chiffres sont stables grâce aux campagnes
d’information sur la listériose auprès des femmes enceintes.

Listériose de la grossesse : quels sont ses mécanismes ?

 

La listériose est transmise principalement par les aliments contaminés
: fromages vendus râpés, au lait cru ou à pâte molle, charcuteries,
viandes, fruits, légumes et produits de la mer, notamment les poissons
crus.  La bactérie passe à travers la barrière
intestinale et se répand dans l’organisme par voie sanguine avec un
tropisme particulier pour le système nerveux : méningite, encéphalite

La période d’incubation entre la consommation des aliments contaminés et le développement de la listériose maternelle va de quelques jours à deux mois.
Durant la grossesse, la listeria passe par le placenta pour atteindre le fœtus
dont elle infecte en particulier le système nerveux et pulmonaire. Elle
provoque une placentaire et amniotique, des fausses couches et la mort
in utero, de plus en plus fréquentes avec l’avancée de la grossesse.

Une
autre voie de transmission du bébé est la contamination au cours de
l’accouchement par les voies naturelles : passage par le vagin maternel
infecté.

 

Quels sont les symptômes de la listériose durant la grossesse ?

 

Chez une femme enceinte, les symptômes de la listériose sont rarement très prononcés : troubles digestifs communs, vague syndrome grippal. La moindre fébricule (petite élévation de la température corporelle autour de 38°C) doit donc alerter. Tout état ressemblant à une grippe,
à des maux de tête, à des douleurs musculaires ou abdominales avec
vomissements, des états nauséeux ou de fatigue sans raison claire
justifie une consultation immédiate du médecin généraliste, gynécologue
ou sage-femme.
Parfois, aucun malaise ne permet de faire le diagnostic qui ne se révèle qu’à l’accouchement après plusieurs mois d’infection sournoise. L’accouchement guérit la mère de son infection latente.

Des
contractions et une fausse couche précoce dans les premiers mois de
grossesse doivent l’évoquer systématiquement. Au second trimestre, la
fausse couche condamne l’enfant, souvent mort-né. Plus tard
l’accouchement prématuré révèle un nouveau-né gravement malade : septicémie, détresse respiratoire et/ou troubles neurologiques (méningite).

Listériose chez la femme enceinte
Prévention

Que fait le médecin face à une listériose pendant une grossesse ? 

 

L’efficacité du traitement dépend de sa précocité. Dès les premiers symptômes, une prise de sang recherche la présence de la bactérie (hémocultures), et des signes d’infection.
Le
traitement antibiotique est impératif en milieu hospitalier avec les
pénicillines (ampicilline/amoxicilline) associées à un autre
antibiotique. Le traitement est adapté aux patientes allergiques aux
pénicillines.
Ce traitement de la grossesse n’empêche pas une possible infection
du nouveau-né. On déclenche donc l’accouchement le plus tôt possible
pour traiter immédiatement l’enfant par antibiothérapie et limiter les
séquelles de cette infection.

Avec quoi ne pas confondre la listériose de la grossesse ?

 

Des nausées matinales, un état grippal, la toxoplasmose.

Comment se protéger contre la listériose ?

 

La bactérie
Listeria pullule naturellement dans l’environnement et résiste très
bien au froid : le réfrigérateur ne stoppe pas son développement, et la
congélation ne la détruit pas. En revanche, la cuisson à cœur des
aliments à 68°C la met hors d’état de nuire.

Il n’existe pas de vaccin contre la listériose,
seules les mesures strictes d’hygiène alimentaire évitent la
contamination. Bien cuire les viandes et poissons, de ne pas consommer
de pâté, de fruits de mer, de graines germées, de poissons crûs ou de
fromages au lait crû ou à pâte molle. Les légumes crus doivent être bien
lavés ou épluchés.

 

Attention aux contaminations croisées
: si le reste de la famille mange des aliments à risque pour la femme
enceinte, ces aliments ou les objets en contact avec ces derniers sont
susceptibles de contaminer les aliments de la femme enceinte. Par
exemple : le couteau, les mains, les surfaces de travail, la boîte de
conservation, etc.  L’hygiène des mains est indispensable pour tous.

 

N’utilisez pas les mêmes ustensiles pour les aliments
crûs et les aliments cuits ; respectez scrupuleusement les dates
limites de consommation. Les restes alimentaires et les plats cuisinés
doivent être réchauffés soigneusement avant consommation. Il faut aussi
désinfecter le réfrigérateur une fois par mois avec de l’eau de javel et
une éponge neuve, à bien réchauffer les plats préparés et conserver les
différents aliments dans des emballages séparés.

CATEGORIE : etre-enceinte