Santé bucco-dentaire : de quoi parle-t-on ?

Santé bucco-dentaire : de quoi parle-t-on ?

 

 

La santé bucco-dentaire concerne toute la bouche et non seulement les dents, car leur état ne peut être dissocié de celui de l’os qui les soutient, des gencives et des muqueuses de la cavité buccale.
Le mauvais état bucco-dentaire
est particulièrement préoccupant dans une population vieillissante de
plus en plus nombreuse. Or il a été longtemps négligé parce que ne
menaçant pas, croit-on, la vie des patients, et parce que les
pathologies de la sénescence le relègue à l’arrière-plan. De plus, le
préjugé commun considère comme normal le fait de perdre ses dents en
vieillissant.

 

Quels sont les risques, les enjeux sanitaires et sociaux d’une mauvaise santé bucco-dentaire ?

 

On
estime à 11 millions le nombre d’édentés en France, dont 5 millions
d’édentés totaux. Un chiffre sous-estimant le problème car il ne tient
compte que des personnes consultant pour des soins dentaires.
Le lien entre mauvais état bucco-dentaire et maladies diverses est désormais établi.

 

1 – l’aspect inesthétique d’une mauvaise dentition
n’est pas une question accessoire dans une société où l’apparence est
reine, où le visage et le sourire constituent la première image qu’on
offre aux autres. La bouche et le sourire participent à
la communication, qu’elle soit sociale, professionnelle ou affective.
Une dentition saine, blanche et soignée est un passeport pour une
vieillesse réussie. Avoir honte de sa bouche altère l’image de soi et
peut conduire au repli social et à la dépression.

 

2 – la malnutrition et  la dénutrition
Les douleurs, les dents
cassées ou absentes, les prothèses inadaptées ou non portées
compliquent la mastication et donc la digestion. On change alors son
alimentation pour privilégier des aliments plus mous et plus sucrés qui,
d’une part, aggravent les caries et abîment les gencives, d’autre part,
conduisent à une alimentation déséquilibrée (malnutrition) ou
insuffisante (dénutrition). L’alimentation sucrée favorise aussi les
candidoses non seulement buccales  (infections de la bouche par un
champignon, aussi appelé muguet)  mais susceptibles de s’étendre à tout
le tube digestif.
Parallèlement le mauvais état bucco-dentaire entraine souvent une perte du goût et de l’appétit qui entretient la nutrition.

 

3 – l’articulation de la parole est rendue plus difficile par l’édentation, les prothèses dentaires inconfortables. Une mauvaise dentition
retentit sur l’articulation temporo-mandibulaire (articulation qui
contrôle l’ouverture et la fermeture de la bouche, donc la mastication
et l’élocution) ; elle provoque des douleurs à ce niveau mais aussi des
migraines et des douleurs cervicales.

 

4 –
Les douleurs buccales peuvent déclencher un refus de soin et un état
dépressif parfois difficiles à comprendre lorsque le patient ne s’en
plaint pas.

 

5 – la porte ouverte aux infections
La
bouche fait entrer divers microbes dans l’organisme qui peuvent se
propager localement, avec des risques d’infections des gencives, des
sinus ; et à distance dans les os et les articulations, au cœur
(infections des valves cardiaques en particulier), au rein, etc.

6 – Associé à l’alcool et au tabac, le mauvais état buccal augmente significativement le risque de cancer de la bouche.

 

La sante bucco dentaire des seniors – prevention

Le conseil prévention

 

 

Chacun est acteur de sa santé bucco-dentaire. La santé bucco-dentaire est un atout majeur au cours du vieillissement car elle témoigne de la santé générale. Inversement, le mauvais état bucco-dentaire aggrave l’état général et accélère les processus de vieillissement. 

 

Quels sont les mécanismes de l’altération bucco-dentaire ?

 

 

Les
personnes âgées n’ont pas, contrairement aux nouvelles générations,
bénéficié de soins dentaires performants à une époque où ceux-ci se
résumaient à extraire les dents et non à tenter au
maximum de les conserver. Elles ont aussi été exposées pendant ou après
la guerre à la malnutrition qui a fragilisé leurs dents.

En
vieillissant, la sécrétion salivaire diminue, d’où un moins bon
nettoyage de la cavité buccale, des gencives plus fragiles, des
irritations en particulier sous les prothèses, et une augmentation du
risque de caries. L’os des maxillaires (mâchoires) diminue de hauteur,
provoquant le recul de la gencive, le déchaussement des dents,
éventuellement leur chute, même lorsque celles-ci sont saines. Avec
l’âge, on constate aussi une usure des dents.

Les soins dentaires et les prothèses, anciens et désadaptés, provoquent des blessures de la bouche; une importante perte de poids peut aussi déstabiliser une prothèse.

Certains traitements détériorent la santé
dentaire : médicaments qui fragilisent les dents ou réduisent la
salive, extractions dentaires multiples imposées par certaines
pathologies cardiaques ou cancéreuses, traitement des cancers ORL par la
radiothérapie, nécrose de l’os des mâchoires due à la radiothérapie ou à
des traitements comme certains médicaments contre l’ostéoporose. 
Enfin,
la diminution de la vue, une moins bonne coordination des mouvements,
des tremblements, l’arthrose, un état dépressif, des troubles altérant
la mémoire ou le jugement (maladie d’Alzheimer) rendent l’hygiène
dentaire difficile et gênent la mise en place des prothèses.

 

Quelles sont les personnes les plus exposées aux problèmes bucco-dentaires ?

 

 


les personnes en situation de précarité, isolées, hospitalisées,
placées en institution, en perte d’autonomie, souffrant de démence ou de
dépression. Les dents ne sont pas soignées, pas remplacées d’autant que ces personnes sont incapables d’exprimer leurs doléances.
– une intoxication alcoolique et/ou tabagique
– le diabète favorise les infections, les candidoses, les maladies des gencives et compromet la cicatrisation des tissus.

La sante bucco dentaire des seniors – consultation

A quel moment consulter le médecin, le dentiste ou le stomatologiste ?

 

 

Le
dentiste doit être consulté dès qu’il existe une gêne, une douleur, une
sensibilité au froid ou au chaud, et de façon systématique 2 fois par
an : les lésions dentaires étant souvent peu ou pas douloureuses au
début. Un détartrage est nécessaire au moins une fois par an.

Après
un amaigrissement important, il faut consulter le dentiste pour
vérifier l’adéquation des prothèses et l’absence de blessures.
Le
dentiste dépiste aussi les lésions buccales comme des cancers débutants.
Il faut l’informer de ses maladies ainsi que de ses médicaments.

 

Comment prévenir la détérioration bucco-dentaire ?

 

 –
Eviter les comportements à risque : consommation d’alcool, de tabac, de
sucreries. Ne pas boire de boisson sucrée (ou de médicaments contenant
un excipient sucré) avant de se coucher, après s’être lavé les dents.


Rincer la bouche à l’eau puis se brosser les dents après chaque repas
pendant au moins 3 minutes : avec une brosse ni trop souple (peu
efficace) ni trop dure (qui fait saigner). Compléter par un jet d’eau
pulsée ou de brossettes pour nettoyer les zones inaccessibles à la
brosse classique.

– Ne pas abuser des bains de bouche qui irritent les muqueuses. Un bain de bouche ne remplace pas le brossage des dents.


Nettoyer soigneusement les prothèses amovibles, qui sont de véritables
nids à champignons (candidoses) : faire  tremper la prothèse ne suffit
pas, il est indispensable de la brosser soigneusement.

– Boire régulièrement au cours de la journée réduit la sècheresse buccale et rince la bouche.

– Augmenter l’alimentation en protéines après une intervention sur les dents pour favoriser la cicatrisation.

 – Les aidants familiaux doivent être attentif à l’hygiène bucco-dentaire des personnes aidées et la superviser.

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